Michelin, prêt pour un nouveau départ ? Le groupe clermontois a connu une année 2013 en demi-teinte mais ses perspectives de croissance semblent intactes alors que le marché automobile européen donne des signes de reprise en ce début d’année. Pour 2014 Michelin table sur une hausse de 3% environ de ses ventes en volume «en ligne avec la croissance mondiale du marché de pneumatiques». Il compte générer un flux de trésorerie disponible (cash flow) supérieur à 500 millions d’euros tout en continuant à investir environ 2 milliards d’euros par an. « La demande de pneumatiques en 2014 devrait témoigner du dynamisme des nouveaux marchés et du retour des zones matures à un niveau de marché cohérent avec leur activité économique », souligne le groupe dans son communiqué.

En 2013, Michelin a souffert d’une baisse de régime en Europe qui l'a conduit à réduire la voilure. Il a annoncé en juin l’arrêt d’ici 2015 de son usine de Joué-les-Tours (Indre-et-Loire) en Vendée, avec à la clé 700 suppression de postes. Les ventes du fabricant de pneus ont fléchi de 5,7% à 20,25 milliards, «dans un contexte de marchés faibles au premier semestre et plus dynamiques au second semestre». Son bénéfice net a reculé de 28% à 1,13 milliard d’euros et son bénéfice opérationnel avant éléments non récurrents s’est replié de 7,8% à 2,23 milliards.

Le ralentissement en Europe n’est pas seul en cause. «L’année 2013 a été marquée (...) notamment par la question de variation des monnaies» avec «une très forte baisse des monnaies des pays émergents et en même temps une hausse de l’euro par rapport à l’ensemble des devises et en particulier au dollar», a rappelé son président Jean-Dominique Senard lors d’une conférence de presse. Cette volatilité pourrait continuer à peser en 2014.

Mais le groupe peut compter sur un solide cash flow - 1,1 milliard d'euros en 2013- et sur une situation financière très saine, l'endettement net ayant été réduit à 142 millions d'euros à fin 2013 contre 1 milliard un an plus tôt. Ce matin le bureau d'études d’UBS a relevé son objectif de cours sur le titre à 96 euros contre 86 avant les résultats. L'analyste maintient son opinion positive sur le marché du pneumatique en général et sur Michelin en particulier du fait de son positionnement haut de gamme. 

Vers 13h, le titre gagne 3,7% au lendemain d’une hausse de 3,3%. Le CAC 40 avance de 0,3%.