« Back in the race ». Tout un programme pour PSA. Le constructeur français a dévoilé mercredi un projet d’augmentation de capital de 3 milliards d’euros qui doit lui permettre de rebondir après une année 2013 lourdement impactée par la baisse du marché automobile européen et par les coûts de restructuration.

Le groupe a fait état d’une perte de 2,3 milliards d’euros, contre 5 milliards en 2012, et d’un chiffre d’affaires en baisse de 2,4% à 51,4 milliards. Résultat : il doit faire appel à de nouveaux investisseurs. Le conseil de surveillance de PSA a validé hier un projet d’augmentation de capital de trois milliards d’euros dont 1,6 milliard seront apportés par l’Etat français et le constructeur chinois Dongfeng Motors. Cet accord « permettra à PSA d’accélérer son développement international et de consolider sa croissance à long terme. L’augmentation de capital donnera au groupe les marges de manœuvre financière pour faciliter la mise en œuvre de son plan de développement stratégique » indiquent dans un communiqué les ministres Arnaud Montebourg et Pierre Moscovici.

Il s’agit à la fois d’une opération financière et d’un renforcement du partenariat industriel avec Dongfeng, précise PSA. Le groupe entend tripler ses ventes en Chine d’ici 2020 et vise à terme 400 millions d’euros de synergies par an avec Dongfeng. La Chine est d’ores et déjà le 2e marché de PSA derrière la France, avec des ventes en hausse de 26% en 2013, et les deux groupes comptent créer une nouvelle coentreprise pour exporter vers l’Asie.

La famille Peugeot laisse le volant

La levée de fonds de PSA doit intervenir au deuxième trimestre sous réserve de son approbation par l’assemblée générale des actionnaires. Elle passera par une augmentation de capital réservée de 1,05 milliard d'euros, qui sera souscrite à parts égales par Dongfeng et l'Etat français au prix de 7,5 euros par action. Elle comprendra ensuite une augmentation de capital avec maintien du droit préférentiel de souscription de 1,95 milliard d'euros ouverte à l'ensemble des actionnaires (à laquelle participeront Dongfeng et l’Etat), et l'attribution de bons de souscription d'actions (BSA) qui pourrait représenter une ressource additionnelle potentielle d'environ 770 millions d'euros.

Dongfeng et l'Etat devraient contribuer à hauteur de 800 millions d’euros chacun, tandis que la famille Peugeot pourrait suivre à hauteur de 150 à 250 millions. Au final, les trois actionnaires se retrouveront chacun avec 14% du capital et deux sièges au conseil de surveillance, dont le président sera un administrateur indépendant. La famille Peugeot cède donc les rennes du groupe qu’elle dirige depuis deux-cents ans. Pour succéder à Thierry Peugeot, président du conseil de surveillance, le nom de Louis Gallois est le plus souvent cité. L’ex président d’EADS, actuellement commissaire général à l’investissement, est cependant jugé trop proche du gouvernement français par certains observateurs. Par ailleurs, l’actuel directeur général de PSA, Philippe Varin, cèdera sa place à l’ex numéro deux de Renault, Carlos Tavares, fin mars.