Le marché des petites et moyennes sociétés françaises est jugé bien valorisé par les trois experts du fait du fort rattrapage qui s’est dessiné depuis 8 mois.
Par conséquent la sélection de titres joue à plein dans la stratégie d’investissement.

Bien que l’allocation ne soit pas a priori sectorielle, certains segments de l'économie sont évités. « Nous n’aimons pas beaucoup le secteur bancaire qui nous parait complexe. Les seuls titres que nous détenons sont des caisses régionales du Crédit Agricole et Société Générale. Nous sommes réticents à aller sur les télécoms et les utilities en raison de la régulation des tarifs et des niveaux d’endettement. Nous sommes par ailleurs très prudents à l’égard des valeurs de la biotechnologie. Nous préférons les medtechs » signale Louis d’Arvieu.

Mis à part ces quelques exceptions, l’univers investissable mis en exergue est  celui des petites et moyennes sociétés européennes ayant une capitalisation d’au moins 10 millions d’euros, à savoir environ 3200 sociétés.

C'est pour limiter le risque de liquidité, que la société a décidé de ne pas se limiter aux seules petites et moyennes sociétés françaises, au nombre de 477. « Nous avons décidé de ratisser plus large pour éviter l’embouteillage sur les titres de l’Hexagone les plus visibles et nous donner la possibilité de dénicher les pépites qui se trouvent dans d’autres endroits géographiques» explique Benjamin Biard.

Ainsi, alors que la France représente 70% de la poche actions contenue dans le fonds dédié aux PME de la société de gestion, les 30% restants sont répartis entre l’Italie (10%), l’Espagne (5%), le Royaume-Uni (4%), l’Allemagne (4%), et le Benelux (5%).
«Nous souhaiterions parvenir, en fonction des opportunités qui se présentent, à un certain équilibre 50% France 50% hors France d’ici un an et demie » précise Benjamin Biard.

Quelques convictions phares

50 lignes constituent aujourd’hui le portefeuille dédié aux PME. Parmi les fortes convictions des gérants se trouvent MBB, une société financière allemande qui détient des participations dans des entreprises de l’automobile, du papier, du bois, découverte à l’occasion du Forum de la Bourse allemande à Francfort consacré aux PME et ETI allemandes.

Barón de Ley, une société espagnole productrice de vin  ; Victrex, une société britannique fabricante de polyarylethercétones hautes performances qui servent notamment dans l’aéronautique et le médical ; Assystem un groupe français de services pour l'industrie ; Barco une société belge qui évolue dans la digitalisation de l’image... sont d'autres noms mentionnés par les gérants.

« Barón de Ley jouit d’une image de prestige et d’un rapport de force avec les agriculteurs. Assystem tire avantage de son recentrage sur deux pôles d’activité que sont l’aéronautique et l’énergie, notamment nucléaire. L’entreprise a un savoir faire singulier recherché dans la maintenance et le prolongement des centrales. Barco a 40% de parts de marché dans les projecteurs pour le cinéma numérique. Malgré des résultats décevants, la société repose sur un matelas confortable de liquidité et est maigrement valorisée, soit dix fois ses résultats » commente Louis d’Arvieu.

Plusieurs équipementiers automobiles sont également dans le pipeline parmi lesquels Montupet, Le Belier, MGI Courtier et Burelle, la holding de Plastic Omnium.

Les tailles de capitalisations sont très variables. Kindy est la plus petite entreprise détenue.

Les durées de détentions sont assez également diverses. 1000mercis est ainsi la valeur la plus ancienne, acquise il y a 8 ans.

Une appréciation trop importante des cours, un changement de stratégie, une acquisition inappropriée ou une accentuation de la concurrence sont autant de facteurs qui peuvent conduire à un allégement ou à un retrait des titres en portefeuille. Une de ces considérations a ainsi poussé au retrait de Akka Technologies, de D’Ieteren, la maison mère de Carglass, et de VG4S.

Parallèlement les positions sur Nextradio, Exel Industries et NRJ ont été allégées.

Une relative méfiance est affichée vis-à-vis des introductions en bourse de sociétés nouvelles. « Nous pensons que beaucoup de ces sociétés ont tendance à se montrer sous leur plus beau jour, et que leur entrée sur le marché distrait le management et entraine une moins bonne allocation du capital » éclaire Louis d’Arvieu.
« Nous préférons de loin les "spin off",autrement dit l’introduction en bourse de filiales de groupes cotés » complète Eric Tibi. « Ces opérations donnent plus de marge de manœuvre au management et accroissent la visibilité. Dans cette logique nous avons acquis Edenred que nous avons depuis vendu, Dia et Fnac que nous avons allégé » poursuit ce dernier.

Les avantages pressentis du PEA PME

Pour l’ensemble des experts, le PEA PME dont le décret d’application a été publié hier pourrait bien favoriser des augmentations de capital et des introductions en bourse des PME et ETI françaises, et encourager leur développement plutôt que leur fermeture ou leur vente.

« Les brokers spécialisés sur les valeurs moyennes ont perdu beaucoup d’argent depuis 2008 du fait de la faiblesse des volumes d’échanges et des basses valorisations. Ils n’étaient pas enclins à offrir des solutions propices aux PME-ETI pour se financer. La hausse des cours de bourse et le retour des investisseurs sur le compartiment devraient pousser ces intermédiaires de marché à formuler de nouvelles propositions » espère Benjamin Biard.

A noter que Amiral Gestion  a enregistré une collecte nette de 42 millions d’euros en 2013.

Les encours gérés s’élèvent à 500 millions d’euros contre 380 millions d’euros en 2012, dont 125 millions d’euros dans la gestion privée, 250 millions d’euros dans la gestion collective et le reste dans la gestion institutionnelle, auprès notamment de la Caisse des dépôts et d’Axa.

La collecte est de 30 millions d’euros depuis le début de l’année.