A l’occasion des 15 ans de leur alliance, Renault et Nissan ont décidé de pousser plus loin leur intégration. A compter du 1er avril, quatre directions opérationnelles communes vont être créées regroupant des fonctions clés des deux constructeurs : ingénierie, fabrication et logistique, achats et ressources humaines. L'ingénierie et la fabrication seront supervisées par deux Japonais, Tsuyoshi Yamaguchi et Shohei Kimura, qui ont effectué l'essentiel de leur carrière chez Nissan. Les achats seront confiés à Christian Vandenhende, qui a rejoint Renault en 1999, et les ressources humaines à la directrice des ressources humaines de Renault, Marie-Françoise Damesin.

L’ensemble sera piloté par Christian Mardrus, actuel « Managing Director de la Direction Déléguée à la Présidence de l’Alliance » et bien-sûr par Carlos Ghosn, le PDG de Renault-Nissan. « La convergence dans ces quatre fonctions clés débouchera sur une augmentation immédiate de l’efficacité et des économies d’échelle », assure ce dernier. L'alliance Renault-Nissan s'était fixée en octobre 2012 pour but d'arriver à 4 milliards d’euros de synergies en 2016. Mais une source interne avait indiqué en janvier à l'AFP que, « si on était resté sur la tendance actuelle, on serait arrivé à environ 3,3 milliards d'euros de synergies annuelles» à cette échéance. Les mesures annoncées aujourd’hui doivent permettre d’atteindre et même de dépasser l’objectif initial, puisque l’Alliance vise désormais 4,3 milliards d’euros d'économies par an à l’horizon 2016.

La fusion n'est pas envisagée

Depuis sa création lors du sauvetage de Nissan par Renault, l'Alliance a progressivement étendu les terrains de travail commun aux deux groupes, notamment dans les achats où Renault et Nissan ont déjà une coentreprise, les moteurs et, plus récemment, les plates-formes. Dans une interview téléphonique à Reuters, Carlos Ghosn a expliqué qu'il avait fallu du temps pour franchir une nouvelle étape, ajoutant qu'une fusion n'était pas à l'ordre du jour. Les marques de l'Alliance (Renault, Dacia et Samsung pour le groupe Renault, Nissan, Infiniti et Datsun pour le groupe Nissan) subsistent et gardent leurs spécificités. « J'essaie de créer le minimum de changements pour le maximum de performance», a précisé le PDG. Ce projet de réorganisation a été présenté aux syndicats et approuvé par les conseils d'administration des deux groupes, et entrera en vigueur à compter du 1er avril.