PSA a confirmé mercredi la nomination prochaine de Louis Gallois à la tête de son conseil de surveillance en remplacement de Thierry Peugeot qui restera membre dudit conseil. Ce changement de tête est la traduction la plus visible de la réorganisation financière du groupe, contraint de faire appel à de nouveaux actionnaires parmi lesquels l’Etat français et le constructeur chinois Dongfeng.

Ces deniers participeront pour moitié à l’augmentation de capital de trois milliards d’euros prévue par le groupe d’ici le mois de mai. Ils recevront en conséquence quatre sièges au conseil de surveillance qui sera composé « de six membres représentant les actionnaires clés (ndlr deux membres de Dongfeng, deux représentants de l’Etat et deux membres de la famille Peugeot, Thierry et Robert Peugeot), de six membres indépendants et de deux membres représentant respectivement les salariés et les actionnaires salariés ».

« A l'issue de l'Assemblée Générale, il sera proposé au Conseil de Surveillance de nommer M. Louis Gallois en qualité de Président », précise le groupe dans un communiqué. L’ex directeur de la Snecma, puis président de la SNCF et d’EADS a été choisi à l’unanimité des membres du conseil, selon une source interne citée par Reuters, en dépit de sa proximité avec les pouvoirs publics. Certains membres de la famille Peugeot le jugeaient en effet trop proche du gouvernement mais son expérience des entreprises industrielles l’a semble-t-il emporté. « L'Etat se félicite du choix du comité et du conseil de surveillance qui recueille le soutien des trois futurs actionnaires du groupe dont l'Etat », ont indiqué dès mardi les services du Premier ministre. « La personnalité et l'expérience de Louis Gallois vont constituer un atout pour PSA qui aura besoin dans les prochaines années d'une gouvernance exemplaire. »

M. Gallois aura la lourde tâche de piloter le redressement financier mais aussi les
ventes du constructeur, qui a beaucoup souffert ces dernières années de la baisse du marché automobile européen. Il devra pour cela s’entendre avec le nouveau directeur général (« président du directoire » selon la terminologie de PSA), Carlos Tavares, ex numéro deux de Renault. Et peut-être aussi apprendre le chinois.