Ce sera une signature en grande pompe, à l’Elysée. Le président chinois Xi Jinping et François Hollande scelleront officiellement mercredi le rapprochement des constructeurs PSA Peugeot Citroën et Dongfeng Motors. Selon les termes de l’accord négocié ces derniers mois, Dongfeng et l’Etat français entreront au capital du groupe PSA à hauteur de 14% chacun.

Cela représente un investissement d’environ 800 millions d’euros pour le groupe chinois, qui entend profiter du savoir faire de PSA pour accélérer son développement en Chine et dans toute l’Asie. PSA de son côté, cherche un nouveau partenaire industriel après le semi-échec de son alliance avec General Motors. En outre, le groupe a besoin d’argent frais après deux années dans le rouge et sept milliards d’euros de pertes. « A chaque époque ses difficultés. Nous avons traversé une période très difficile avec la chute du marché européen qui a été considérable. On sent que c'est la fin de cette chute : la remontée de ce marché s'esquisse », a commenté Robert Peugeot, PDG de la Société foncière financière et de participation (FFP), ce matin sur Europe 1. 

Avec l’arrivée au capital de Dongfeng, c’est « une nouvelle page qui se tourne », a-t-il ajouté. Et pas n’importe quelle page, puisque la famille Peugeot abandonne le contrôle du groupe qu’elle a dirigé pendant plus d’un siècle. Ce doit être aussi l’occasion pour PSA de renforcer sa présence internationale notamment en Chine où il affiche de grandes ambitions. «Il y a un objectif à court terme : que dans notre joint venture en Chine, qui vise 700.000 voitures cette année, nous montions rapidement à 1,5 million de voitures », sur un marché de 18 millions de voitures en 2013, a indiqué Robert Peugeot. Pour autant, l’avenir de PSA n’est pas chinois mais « mondial », a-t-il ajouté.

Vers 11h40, le titre Peugeot bondit de 6% sur un marché parisien en hausse de 0,9%. A 13,4 euros il reste cependant très loin de son niveau d’avant crise (63 euros).