Le premier constructeur automobile français est de retour dans le CAC 40. La forte hausse du titre depuis le début de l’année - +54%- a fait beaucoup pour la réintégration de PSA Peugeot Citroën dans le saint des saints. Depuis son éviction en septembre 2012, la capitalisation boursière du groupe s’est regonflée de près de 11 milliards d’euros (dont une recapitalisation de 4 milliards l’année dernière à laquelle l’Etat français et le chinois Dongfeng ont contribué).

Mais le groupe dirigé par Carlos Tavares est encore convalescent. PSA a accusé une perte nette de 706 millions d’euros l’année dernière et la division Automobile n’a dégagé qu’une marge opérationnelle de 0,17%. Il prévoit une remontée très progressive de cette marge, à 2% en 2018. Même si ses ventes de voitures ont nettement rebondi l’année dernière (+4,3%), PSA s’attend à un marché automobile peu porteur cette année en Europe et mise beaucoup sur la Chine. Problème, la croissance chinoise pourrait être la plus faible depuis 25 ans en 2015 (environ +7%). Sur les autres marchés, notamment en Amérique latine et en Russie, PSA s’attend à une baisse importante de ses volumes.

Un dossier spéculatif

Malgré ces vents contraires, les analystes gardent une opinion positive sur le titre. L’exercice 2015 devrait « amplifier les progrès » réalisés en 2014, selon Invest Securities, qui a maintenu la semaine dernière sa recommandation d’achat et vise un cours de 19,6 euros à douze mois. Citi a également renouvelé sa recommandation d'achat avec un objectif de cours de 17,3 euros. La banque américaine table sur un résultat opérationnel de 640 millions d’euros pour la division automobile cette année, contre 63 millions en 2014, grâce à la poursuite des réductions de coûts. En revanche UBS est beaucoup plus prudente. « La division automobile de PSA est maintenant de retour à ses sommets en termes de multiples et l'action se traite près de notre cas favorable de 19 euros. Aussi nous pensons que le rapport rendement risque n'est pas attractif », explique la banque. En outre, « la dynamique récente des immatriculations pourrait susciter des inquiétudes à propos de l'attractivité du portefeuille de produits renouvelé récemment », ajoute-t-elle.

Compte tenu de la flambée du titre Peugeot depuis le début de l’année, cette prudence est de bon aloi. L'intégration d'une valeur dans le CAC 40 est souvent l'occasion pour les investisseurs de prendre leurs bénéfices et il n'est pas rare que les nouveaux entrants 'sous-performent' l'indice pendant un certain temps. Le cas de Gemalto, entré fin 2012 et qui doit aujourd'hui céder sa place à PSA, en est un exemple. Outre les incertitudes sur le rythme de son redressement, PSA présente cependant un intérêt spéculatif lié à sa participation dans Faurecia. Une cession de cette participation, souvent évoquée par les analystes, serait un catalyseur évident pour le titre.