Sergio Marchionne, le patron de Fiat-Chrysler, voit grand. Convaincu que son groupe, actuellement numéro sept mondial, doit grandir pour rester dans la course aux nouvelles technologies et s'imposer dans les marchés émergents, il se verrait bien avaler le numéro deux mondial, General Motors. Le projet révélé au début du mois par le Wall Street Journal s’est heurté à une fin de non recevoir de la part de la directrice générale de GM Mary Barra.

Pourtant, en coulisses, les deux groupes s’activent. Ils auraient mandaté, chacun de leur côté, des banques conseils sur le dossier, d’après l’agence Reuters. GM serait conseillé par Goldman Sachs et Morgan Stanley tandis que Fiat-Chrysler (FCA) travaillerait avec UBS. Le groupe de Détroit n’a pas confirmé ces informations, indiquant que les discussions avec les banques concernaient les activités « normales » de l’entreprise.

A première vue General Motors a les moyens de résister à l’offensive de Fiat-Chrysler, deux fois plus petit que lui en termes de capitalisation boursière et surtout très endetté. Contrairement à Chrysler en 2009, General Motors est en bonne santé (sa trésorerie se monte à 25 milliards de dollars) et affiche des résultats en hausse. Ce n’est donc pas une proie facile. Mais Sergio Marchionne a plus d’un tour dans son sac. Il mise sur l’éclatement du capital de General Motors, dont aucun actionnaire ne détient plus de 5% depuis la sortie de l’Etat américain en 2013, et surtout sur la présence de fonds activistes qui ont réclamé et obtenu en début d’année un plan de rachat d’actions de 5 milliards de dollars ainsi qu’une hausse du dividende. Le patron de FCA pourrait s’allier à ces fonds dans le but de forcer la direction à s’asseoir à la table des négociations. Le pari est loin d’être gagné, mais M. Marchionne a montré avec Chrysler qu’il savait se montrer patient et tirer profit de toutes les opportunités.