PSA Peugeot Citroën veut prendre racine en Afrique. Le groupe, qui n’a pas d’usine sur le continent contrairement à Renault, étudierait deux projets d’implantations industrielles, l’un en Algérie l’autre au Maroc.

Un accord doit être signé dans les prochains jours avec le Royaume marocain pour la construction d’une usine dans la zone franche de Kénitra, au nord de Rabat. Celle-ci pourrait ouvrir en 2019 et produire 90 000 véhicules par an, destinés aux marchés africains et du Moyen-Orient selon des sources syndicales citées vendredi par l’AFP. « Le type et la marque seront annoncés dans un an », a dit Jean-Pierre Mercier, responsable CGT. « Ce sera les remplaçantes de la 301 et de la C-Elysée, qui sont fabriquées pour le pourtour méditerranée », croit savoir Jacques Mazzolini de la CFE-CGC. Le marché automobile de l’Afrique et du Moyen-Orient pourrait atteindre 8 millions de véhicules à l’horizon 2025, selon les projections de différents instituts. En 2014 PSA y a vendu environ 170 000 véhicules, soit 5,8% de ses ventes mondiales. Il est le deuxième groupe automobile au Maroc derrière Renault.

L’arrivée de PSA en Algérie a été annoncée par François Hollande lui-même, lundi lors de sa visite officielle dans le pays. « La France est le premier partenaire économique de l'Algérie et entend encore développer sa présence après l'installation de très importantes entreprises comme Renault, Sanofi, Alstom et bientôt Peugeot », a dit le chef de l’Etat. Le groupe travaille à l’ « optimisation d’un projet industriel en Algérie », a temporisé un porte-parole, sans donner de détails sur la nature de ce projet ni à quel horizon il est envisagé. Là-encore Renault a devancé son compatriote en ouvrant au mois de novembre une usine d’assemblage près d’Oran.

Ces annonces ont été plutôt bien accueillies de part et d’autre de la Méditerranée. Dans un communiqué, la section CGT de PSA a indiqué n'avoir « aucune raison d'être opposée à la construction d'usines à travers le monde, au Maroc ou ailleurs », mais que ces investissements ne devaient pas se faire « au prix de suppressions de nos emplois et de la baisse de nos salaires ». « Chacun doit pouvoir se réjouir de voir l'entreprise PSA repartir à la conquête des marchés automobiles mondiaux », a affirmé pour sa part le porte-parole du groupe.
Vers 17h le titre Peugeot gagne 3,2% sur un marché parisien en hausse de 0,2%.