C’est toujours « no ». La patronne du constructeur américain General Motors a réaffirmé mardi son opposition à la fusion souhaitée par Fiat Chrysler Automobiles (FCA). «Nous avons étudié la question en détail, à la fois avec des ressources internes et des experts externes, et il n’est pas dans le meilleur intérêt des actionnaires de General Motors» de fusionner avec Fiat Chrysler, a déclaré Mary Barra à des journalistes au salon de l’automobile de Francfort.

La dirigeante avait déjà décliné début juin la proposition de Sergio Marchionne d’étudier un rapprochement entre les deux groupes, ce qui n’a pas empêché ce dernier de revenir à la charge fin août. Selon lui le secteur automobile doit encore se consolider pour faire face aux coûts de développement de modèles de plus en plus nombreux et variés. La logique d’un rapprochement avec General Motors est « irréfutable», et il est dommage que les dirigeants de GM ne daignent pas répondre à ses approches, avait-t-il expliqué au site Automotive News.

Mme Barra, nommée il y a deux ans à la tête du premier groupe automobile américain, estime pour sa part que GM a taille nécessaire pour atteindre «le meilleur retour possible pour (ses) actionnaires». Et ce, en dépit du ralentissement des ventes en Chine et des pertes récurrentes du groupe en Europe. « Nous sommes en bonne voie. Il reste beaucoup de travail mais nous sommes sur la bonne voie et nous allons le faire », a assuré le président de GM, Dan Ammann, au sujet de l’objectif d’un retour à la rentabilité des marques Opel et Vauxhall en 2016. 

Vents favorables

FCA de son côté a d’autres projets dans l’immédiat. Le groupe espère récolter au moins 10 milliards d’euros lors de l’introduction en bourse de sa filiale Ferrari, prévue fin octobre à New York. Une partie de cette somme sera consacrée au plan d’investissement de 55 milliards d’euros sur cinq ans annoncé par Sergio Marchionne l’année dernière. Ce plan vise à hisser le groupe parmi les cinq premiers constructeurs mondiaux, avec un objectif de sept millions de voitures produites en 2018 et un bénéfice net multiplié par cinq. L'objectif de ce plan est également d'accroître la présence du groupe en Asie, en particulier sur le marché chinois où FCA reste très loin des principaux constructeurs étrangers (GM, VW, Nissan...).

De fait le groupe n'est pas vraiment impacté par le ralentissement actuel du marché chinois mais bénéficie de la reprise des marchés européen et américain. Cela semble pour l'heure satisfaire les investisseurs. Le titre a enregistré un gain de 35% depuis le début de l'année contre une hausse de 6% pour l’indice EuroStoxx des constructeurs et équipementiers automobiles. FCA s’adjuge encore 2,7% mardi dans les premiers échanges à New York tandis que GM avance de 0,6%.