Le Pdg de Volkswagen Martin Winterkorn a exprimé dimanche ses regrets et affirmé prendre très au sérieux les conclusions de l'Environemental Public Agency (EPA) américaine, qui soupçonne le premier constructeur automobile mondial d'avoir délibérément masqué les émissions polluantes de ses véhicules.

«Je suis à titre personnel sincèrement navré que nous n'ayons pas été à la hauteur de la confiance de nos clients et du public», a indiqué Martin Winterkorn dans un communiqué, précisant qu'il avait accepté l'ouverture d'une enquête externe.

Dans une communication publiée vendredi 18 septembre, l'agence américaine affirme que les modèles diesels VW et Audi vendus aux Etats Unis entre 2009 et 2015 ont été équipés par le constructeur de logiciels permettant de détecter quand le modèle faisait l'objet d'un contrôle et de modifier dans ces cas le régime du moteur afin de minorer leurs émissions d'oxyde d'azote. Ce dispositif permet aux véhicules en question d'émettre jusqu'à 40 fois plus d'émissions que le seuil autorisé, selon l’EPA. Les amendes encourues pourraient atteindre 37.500 dollars par véhicule incriminé, soit un total de 18 milliards de dollars si l’on multiplie par le nombre de véhicules diesel écoulés par le constructeur depuis 2008 aux Etats-Unis.

« Pas moyen de considérer cela avec légèreté; c'est vraiment grave », commentent les analystes de Bernstein. « Au-delà de l'amende potentiellement considérable que Volkswagen pourrait être amenée à verser à des autorités américaines ayant la main de plus en plus lourde en cas de "tricherie" avérée, on peut penser que les conséquences de cette crise, si elle se confirmait, pourraient être durables et profondes sur l'entreprise. Elle pourrait avoir des effets indirects négatifs sur certains concurrents directs de Volkswagen sur le diesel et certains fournisseurs de composants. A l'inverse, les constructeurs et équipementiers en avance dans le domaine des véhicules à zéro ou faibles émissions en ressortiront probablement renforcés », ajoute le bureau d’analyse Equity GPS.

Daimler, concurrent de Volkswagen, a laissé entendre dimanche qu'il n'était vraisemblablement pas concerné par la question. « J'ai une vague idée de ce qui se passe et je pense que nous ne sommes pas concernés », a dit le président du directoire Dieter Zetsche dimanche, lors d'une manifestation à Hambourg. « Mais il est bien trop tôt pour dire quoi que ce soit de définitif à ce sujet. » Les constructeurs français n’ont pas encore réagi à cette information

Vers 10h40 l’action Volkswagen chute de 18% à la bourse de Francfort, déstabilisant l’ensemble du secteur automobile européen. A Paris, Renault abandonne 5,3%, Peugeot 3,8%, tandis que les équipementiers Valeo et Faurecia cèdent un peu plus de 3% chacun.