Le scandale des moteurs diesel du groupe Volkswagen a pris une nouvelle ampleur mardi, le constructeur allemand admettant que 11 millions de ses véhicules étaient équipés du logiciel de trucage aux tests antipollution découvert par l’Agence américaine de l’environnement. Tous les moteurs diesel de type EA189, présents chez la plupart des marques du groupe (Volkswagen, Audi, Skoda, Seat, Porsche) seraient concernés soit « un volume total d'environ 11 millions de véhicules dans le monde », selon le constructeur. Cela correspond à peu près au nombre de voitures que le groupe, qui a récemment détrôné Toyota comme numéro un mondial du secteur, vend en un an.

Au salon de l'automobile de Francfort IAA, grand-messe du secteur, Volkswagen avait retiré tous ses modèles diesel de son stand mardi. Et pour le deuxième jour consécutif le titre connaît une véritable descente aux enfers à la Bourse de Francfort. A 16h30 il perd 16,7% à 111,5 euros. En deux jours il a dévissé de 35%, effaçant 25 milliards d'euros de capitalisation boursière, plus du double de la capitalisation totale de PSA Peugeot Citroën, entraînant dans son sillage les autres titres automobiles sur les places européennes.

Plusieurs pays ont l’intention d’ouvrir des enquêtes et/ou de conduire leurs propres tests suite aux révélations des derniers jours. La France quant à elle a réclamé l’ouverture d’une enquête européenne sur le sujet. Volkswagen encourt de très lourdes amendes, non seulement aux Etats-Unis mais sur l’ensemble de ses marchés. Le groupe va provisionner 6,5 milliards d'euros dans ses comptes du troisième trimestre (juillet-septembre) et pourrait devoir rappeler des millions de véhicules. Selon le Tagesspiegel le conseil de surveillance pourrait en outre remplacer dès vendredi l’actuel PDG du groupe, Martin Winterkorn, par le patron de Porsche Matthias Müller.