Avec un léger retard à l’allumage les constructeurs automobiles français ont réagi mardi au scandale qui frappe le numéro mondial Volkswagen et secoue l’ensemble du secteur automobile européen.« Les constructeurs français approuvent l'initiative du ministre des Finances pour une enquête européenne sur le contrôle des émissions des véhicules. Celle-ci permettra de confirmer que les constructeurs français respectent les procédures d'homologation en vigueur dans tous les pays où ils opèrent. De plus, les constructeurs français soutiennent la mise en place de tests européens de RDE (Real Driving Emissions) qui permettront de valider, sur route, dès 2017, les mesures effectuées en laboratoire », peut-on lire dans un communiqué commun.

Rappelons que Renault et PSA ne sont pas directement présents aux Etats-Unis, où a été découverte la fraude de Volkswagen sur les émissions de ses moteurs diesel. Ils n’ont donc pas été soumis aux tests en question. La procédure actuellement en vigueur en Europe (NEDC, New European Driving Cycle), malgré une révision à la fin des années 1990, remonte aux années 1950. Basée uniquement sur des tests en laboratoire, elle est moins stricte que la procédure américaine en matière de pollution, notamment sur les émissions d'oxydes d'azote (NOx) au cœur du scandale Volkswagen.

Il est donc difficile pour Renault et Peugeot de prouver leur bonne foi, d’autant plus que la limite entre optimisation des moteurs pour la réussite aux tests et véritable tricherie semble ténue. Au-delà de ces doutes l’affaire Volkswagen relance le débat sur la notion de « diesel propre » régulièrement mise en avant par les constructeurs français. Selon eux le gazole consomme jusqu’à 15% de moins que l’essence, et émet également moins de CO2. Mais la question des particules fines fait toujours l’objet d’âpres débats. D'après une étude de l’ONG T & E publiée le 10 septembre, 9 voitures diesel sur 10 vendues en Europe ne sont pas conformes, en conditions normales de circulation, aux nouvelles normes d’émission (Euro 6) entrées en vigueur début septembre. Il y a peu de chances pour que l'affaire Volkswagen profite aux constructeurs français, qui comptent parmi les principaux producteurs de véhicules diesel. Au contraire elle pourrait accélérer le rééquilibrage du marché français au profit de l'essence et des motorisations hybrides. Au premier semestre, 58% des véhicules immatriculés  avaient un moteur diesel, contre 65% un an plus tôt.