Un mois après la révélation du ‘dieselgate’ par l’agence environnementale américaine, Volkswagen reste sous forte pression. Le groupe de Wolfsburg a annoncé jeudi le rappel de 8,5 millions de véhicules en Europe en 2016, une mesure qui lui a été imposée par les autorités allemandes. Le groupe avait initialement proposé que chaque marque concernée (VW, Audi, Seat, Skoda) organise, selon son propre calendrier, ces rappels. Mais l’autorité fédérale des Transports (KBA) ne l’entendait pas ainsi. C’est elle qui a exigé une campagne globale et rapide, notamment pour les 2,4 millions de véhicules concernés en Allemagne (950 000 en France).

Les rappels débuteront en janvier et s’étaleront sur l’ensemble de l’année 2016, voire au-delà. En attendant d’être contactés par Volkswagen pour amener leur voiture au garage, les automobilistes concernés peuvent continuer à rouler librement. Le groupe précise qu’il travaille actuellement « à vitesse grand V » sur les solutions techniques mais le temps d’immobilisation devrait varier selon les modèles. Pour certains une simple manipulation informatique devrait suffire tandis que pour d’autres il pourrait être nécessaire de changer des pièces du moteur.

Un total d'environ 11 millions de véhicules dans le monde est équipé du logiciel frauduleux selon le constructeur. L’Europe devrait donc être le principal test et servir de laboratoire pour les autres campagnes de rappel, notamment en Chine et aux Etats-Unis. S’il n’a pas chiffré le coût de ces réparations, Volkswagen se prépare à essuyer des demandes d’indemnisations et autres amendes qui pourraient atteindre plusieurs dizaines de milliards de dollars. Il a d'ailleurs annoncé une réduction de ses investissements d’un milliard d’euros par an, ainsi qu’une accélération de son programme de réduction de coûts, pour amortir le choc.