L’affaire Volkswagen continue à faire des vagues en Europe. Ce lundi le Financial Times a accusé la Commission européenne de laxisme vis-à-vis des constructeurs automobiles. « Les manipulations des tests d'émissions étaient largement connues – et vivement débattues — aux plus haut niveaux de l'Union européenne, bien plus tôt que ce que nous le pensions jusqu'ici », écrit le journal qui cite des correspondances de l’ex commissaire à l’environnement, Janez Potocnik.

Ce dernier avait alerté ses collègues dès 2013, notamment dans plusieurs courriers envoyés au commissaire en charge de la politique industrielle, Antonio Tajani. M. Potocnik y évoque des « préoccupations répandues selon lesquelles la performance (des moteurs, ndlr) a été ajustée pour se conformer au cycle de tests, en dépit d'une spectaculaire augmentation des émissions en dehors de ce contexte ». Dans un autre courrier il relaye les préoccupations de certains ministres pour qui « le fossé significatif entre les performances [environnementales] dans la vraie vie comparées avec celles obtenues en laboratoire était la principale raison pour laquelle la qualité de l'air ne retombait pas aux standards requis par L'UE ».

La Commission européenne a tout bonnement « ignoré » ces avertissements, selon le Financial Times. La semaine dernière le groupe écologiste au Parlement européen avait déjà mis en cause l’exécutif bruxellois. « Le groupe Verts/ALE (…) demande la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire pour évaluer les responsabilités de la Commission européenne et des États-membres, informés des résultats de l’enquête menée par l’ONG ICCT et alertés dans le même temps que l’agence environnementale américaine ». Le rapport d’ICCT, publié en mai 2014, est l’origine du scandale Volkswagen. Il a conduit l’agence environnementale américaine à lancer une enquête l'année dernière, tandis que rien ou presque n’a été fait côté européen. Même si elle affirme avoir « sonné l'alarme régulièrement dans des rapports et des discours, disponibles sur internet depuis plusieurs années », la Commission a surtout évité de brusquer les Etats membres défendant leurs industries nationales. La seule action dont elle peut se prévaloir est d’avoir prévu la mise en place au 1er janvier 2017 d’un nouveau protocole de test dans l’Union européenne censé donner des résultats plus réalistes en matière de pollution.