Michelin a dévoilé mardi un plan de réorganisation de ses usines en Europe, notamment en Allemagne, en Italie et au Royaume-Uni, où il prévoit la fermeture d’au moins trois usines et la suppression de 1600 postes. « Depuis plusieurs années, le contexte concurrentiel et la crise économique ont durablement affecté le marché européen des pneumatiques, en particulier le marché des pneus Poids Lourd neufs et rechapés. Afin de préserver sa position de premier manufacturier et poursuivre sa croissance en Europe, Michelin souhaite consolider son positionnement sur des productions à forte valeur ajoutée », explique le groupe clermontois dans un communiqué.

Michelin avait prévenu, lors de la fermeture de son usine de Joué les Tours (700 personnes) il y a un an, que d’autres fermetures de sites pourraient avoir lieu en Europe compte tenu du contexte de marché. Le groupe emploie aujourd’hui plus de 65 000 personnes sur le continent, et réalise 40% de son activité.

Dans le détail, le site italien de Fossano, spécialisé dans les produits semi-finis, et le site allemand de Pneu Laurent (rechapage poids lourds), à Oranienburg, seront fermés d'ici à la fin 2016. Le premier emploie 400 salariés, le second 180. Au total 578 personnes sont concernées par la réorganisation des activités de Michelin en Italie d’ici 2020, précise le groupe. Au Royaume-Uni, Michelin se laisse un peu plus de temps pour fermer l'usine de Ballymena, en difficulté depuis plusieurs années. « Une procédure de consultation des salariés sur le projet de fermeture va être immédiatement lancée Michelin s’engage à apporter tout le soutien possible aux 860 salariés du site de Ballymena durant la consultation et dans les mois à venir », précise-t-il. En Italie et au Royaume-Uni, les fermetures s'accompagneront d'un plan de modernisation des usines restantes et des réseaux de distribution, d'un montant de 265 millions.

Sur le plan comptable, le projet de réorganisation se traduira par une provision de 280 millions d’euros dans les comptes du quatrième trimestre, à laquelle s’ajoutera une charge non récurrente d’environ 75 millions d’euros liée à la suspension d’un projet d’un nouvel atelier de production en Inde. Ces annonces n’affectent pas outre mesure le titre qui avance de 0,2% mardi après-midi sur un marché en baisse de 0,1%.