Nouvelle sortie de route pour Volkswagen. Le titre du constructeur allemand perd plus de 6% mercredi au lendemain de nouvelles révélations sur ses moteurs. Le groupe pourrait devoir rappeler 800 000 véhicules supplémentaires sur lesquels il a découvert des « irrégularités » en matière d’émission de CO2 et de niveaux consommation. Lors de l’enquête interne il est apparu que des véhicules de marque VW, Skoda, Audi et Seat, avec des moteurs diesel mais aussi certains moteurs essence, émettent plus de CO2 que ce que leur spécification technique indique. Le quotidien allemand FAZ, citant des documents internes à VW, donne en exemple la Golf Blue Motion, qui émettrait plus de 100 grammes de CO2 par kilomètre, au lieu des 90 g/km promis par le constructeur. La technologie "Blue Motion" est censée garantir des voitures particulièrement respectueuses de l'environnement.

Contrairement à la fraude dévoilée il y a six semaines, celle-ci n'implique pas le recours à un logiciel truqué ou une autre manipulation. Cependant Volkswagen redoute déjà des conséquences financières importantes. « Une première estimation du risque financier se situe à 2 milliards d’euros », selon le groupe qui dit poursuivre ses investigations. Volkswagen pourrait devoir rembourser une partie des bonus environnementaux accordés aux véhicules les moins gourmands et devra faire face aux plaintes de consommateurs s’estimant trompés sur la marchandise (le niveau d’émission reflète en réalité une consommation de carburant plus élevée que celle affichée par le constructeur).

Le CO2 est le gaz sur lequel les pays Européens sont le plus regardants avec un plafond d’émission fixé à 130 g/km qui doit baisser progressivement pour passer à l'horizon 2020 à 95 g/km. Ces seuils ont fait l'objet d'un intense marchandage, l'Allemagne notamment répugnant à pénaliser ses constructeurs de grosses berlines avec des limites trop contraignantes. Volkswagen indique qu’il va prendre contact « immédiatement avec les agences en charge de la classification de ses véhicules afin d’examiner les conséquences de ces conclusions ». Mais cette affaire risque de rejaillir sur d’autres constructeurs européens, alors que des tests de pollution sont en cours en France et dans plusieurs autres pays. Ces tests ne concernaient jusqu’à présent que les véhicules diesel, toutes marques confondues. Il est encore trop tôt pour dire s’ils seront élargis aux moteurs essence et aux émissions de CO2, mais en attendant le secteur automobile prend la lanterne rouge du CAC 40. Vers 11h15 Renault cède1,9%, Valeo 2,1% et Peugeot 2,7%.