Par 354 voix pour et 229 voix contre, avec 35 abstentions, les députés européens ont approuvé jeudi la mise en place d’une commission d'enquête parlementaire « pour investiguer sur les violations des règles européennes relatives aux mesures d'émissions des voitures »

Cette enquête vise notamment à évaluer si la Commission européenne et les Etats membres avaient connaissance des mécanismes de fraude avant qu'ils ne soient dénoncés par l'Agence américaine pour la protection de l'environnement, en septembre 2015.

Selon des informations révélées par le Financial Times en octobre, le commissaire européen à l'Environnement avait averti dès 2013 ses collègues que des constructeurs automobiles truquaient des moteurs pour fausser les tests antipollution, bien avant que le scandale Volkswagen ne soit révélé. Le commissaire à l'Environnement, Janez Potocnik, mentionnait le problème dans une lettre adressée en février 2013 au commissaire à la Politique industrielle Antonio Tajani, d'après le journal.

La Commission européenne a répondu qu’elle était au courant du concept de logiciels truqueurs mais qu'elle n'avait jamais constaté de fraudes. Certains députés européens estiment qu’elle a cédé au lobbying du secteur automobile en s’abstenant de pousser plus loin ses investigations. L’indépendance des organismes nationaux d’homologation des véhicules est également mise en question.
Contrairement aux simples commissions temporaires, la commission d'enquête dispose de pouvoirs étendus quant aux personnes qu'elle souhaite entendre et aux documents dont elle demande la communication.