L’année 2015 a bel et bien marqué un redémarrage du marché automobile français. Sur l’ensemble de l’année écoulée les ventes de voitures neuves ont atteint 1 917 230 unités, en hausse de 6,8 % en données brutes et de 6,3 % à nombre de jours ouvrables comparable, d’après les chiffres publiés lundi par le Comité des constructeurs français d’automobiles (CCFA).

Les groupes tricolores ont enregistré une progression de 4,6% de leurs ventes au global (+4,2 % pour PSA, +5,2% pour Renault). C’est moins que leurs concurrents étrangers (+9,5%) mais le principal d’entre eux, Volkswagen, n’a pas gagné de part de marché. Ses ventes n’ont progressé que de 3,9%, pénalisées sur les derniers mois de l’année par le scandale des moteurs truqués.

Le tableau d’ensemble est cependant assez positif. « On repart sur de bonnes bases. On pourrait même repasser la barre des 2 millions de véhicules l’an prochain », estime le CCFA. Un optimisme qu’il convient toutefois de nuancer, selon Bertrand Rakoto, stratégiste pour le cabinet spécialisé en automobile D3Intelligence. Il table plutôt sur une « stabilisation » du marché en 2016.

« La reprise du marché automobile français est très artificielle puisqu’elle est principalement due à une forte hausse des VD (véhicules de démonstration immatriculés par et pour les concessions afin d’être revendus en occasion récente ou « neufs immatriculés », ndlr) et des loueurs courte durée », explique-t-il. « La demande des particuliers, elle, a été une nouvelle fois en baisse en 2015 et ne semble pas vouloir reprendre efficacement ». Les ménages privilégient toujours le marché de l’occasion qui a poursuivi sa hausse en 2015 (+2,1% à 5,56 millions de changements), du fait de prix beaucoup plus accessibles que sur le segment du neuf. Une statistique devrait inquiéter les constructeurs tricolores : la moyenne d’âge des acheteurs de voitures neuves, qui ne cesse d’augmenter et atteignait 58,5 ans au premier semestre 2015 (+0,1 an par rapport au semestre précédent). « C’est là une des plus importantes mutations du marché français. Il va falloir adapter les ventes à des particuliers moins présents », conclut Bertrand Rakoto. En effet les particuliers ne représentaient plus que 50,2% du marché automobile en 2015 contre 57% en moyenne avant la crise.