L'affaire Volkswagen est-elle l'arbre qui cache la forêt? La question est à nouveau posée après les révélations faites ce mercredi par Mitsubishi. Le cinquième constructeur japonais a reconnu mercredi avoir "manipulé des tests pour présenter de meilleurs rendements énergétiques", une fraude qui concerne au moins 625.000 véhicules vendus au Japon.

Quatre modèles de mini-véhicules (cylindrées de moins de 660 cm3), une catégorie populaire dans l'archipel, sont en cause, dont 468.000 unités fabriquées pour son compatriote Nissan (Dayz et Dayz Roox). "Notre client Nissan a découvert des écarts entre les chiffres fournis et ceux constatés et nous a demandé de revoir nos valeurs", a expliqué Mitsubishi Motors dans un communiqué. Le groupe n'a eu d'autre choix que de s'expliquer. L'écart de 10 à 15% sur les chiffres de consommation de carburant s'explique par une manipulation des performances des pneus, a-t-il précisé.

L'annonce, juste avant la clôture de la Bourse, a fait plonger l'action de plus de 15%, sa plus forte chute en pourcentage depuis 2004. "Il se pourrait que ce soit différent du problème Volkswagen, mais le marché est devenu très sensible à ce genre de nouvelles", a relevé pour l'agence Bloomberg Seiji Sugiura, analyste au centre de recherche Tokai à Tokyo. "C'est mauvais pour l'image de la compagnie, d'autant plus que ce n'est pas la première fois que Mitsubishi a ce genre de problèmes".

Mitsubishi a frôlé la faillite il y a une douzaine d'années, à la suite d'un scandale de camouflage de défauts en infraction à la loi sur les rappels. L'affaire, grandement médiatisée, avait fait vaciller l'entreprise et valser ses dirigeants. Son patron actuel Tetsuro Aikawa a d'ores et déjà prévenu que cette nouvelle affaire entraînerait des "dommages importants" pour la société. L'enquête interne a révélé que la méthode de tests utilisée, non conforme aux exigences de la loi japonaise, a été appliquée à d'autres modèles produits par MMC pour le marché japonais. "Eu égard à la gravité de ces questions, nous allons aussi mener des investigations relatives aux produits fabriqués pour les marchés étrangers", a-t-il ajouté.