Un chèque pour avoir pollué contre leur gré. Quelque 600 000 automobilistes américains pourraient être indemnisés par Volkswagen dans le cadre du scandale des moteurs truqués. Selon le journal Die Welt le constructeur allemand est prêt à verser 5 000 dollars (environ 4 400 euros) à chaque propriétaire concerné aux Etats-Unis, soit une enveloppe d'environ 3 milliards de dollars.

D'après l'agence Reuters Volkswagen aurait également, dans le cadre d'un accord avec le département de la Justice, accepté de racheter jusqu'à 500 000 véhicules incriminés pour un montant de 2,5 milliards de dollars. Si elles peuvent paraître importantes, ces sommes sont loin de solder le passif du groupe sur le sol américain où a éclaté l'affaire en septembre 2015. En plus des dommages et intérêts versés aux utilisateurs, le département de la Justice a évoqué des amendes pouvant aller jusqu'à 20 milliards de dollars. Les négociations vont donc se poursuivre, avec l'objectif pour Volkswagen d'éviter un procès.

Dans les autres pays, en revanche, le constructeur allemand espère bien limiter la facture. En particulier en Europe, où il n'envisage pas d'indemniser les "victimes" qui se comptent pourtant en millions. Une différence de traitement que le patron de Volkswagen France, Jacques Rivoal, a justifié en février devant les députés: « Le NOx [oxyde d’azote] est une donnée contractuelle aux Etats-Unis. Il figure dans le contrat de vente. Aujourd’hui un client américain qui roule avec un moteur diesel EA189 ne peut plus revendre son véhicule », a-t-il souligné, ajoutant que la réparation proposée par Volkswagen n'avait pas été validée par les autorités américaines. Sur le Vieux Continent, en revanche, « il n’y a pas de préjudice pour nos clients dans la mesure où nous allons faire en toute transparence cette opération de rappel ».

Ces arguments ne convainquent pas les avocats en charge de défendre les clients européens. Dans Die Welt Christopher Rother, du cabinet d'avocats international Hausfeld, estime que l'accord américain doit "servir de référence" à l'indemnisation des clients en Europe. Une action collective regroupant 60 000 clients européens pourrait être introduite aux Pays-Bas. Sur les 11 millions de véhicules impliqués dans ce scandale dans le monde, 8,5 millions se trouvent sur le Vieux Continent.

Vers 12h30 le titre Volkswagen gagne 2,7% à la bourse de Francfort, au lendemain d'une hausse de 4,7% après l'annonce de l'accord avec les autorités américaines.