Pourquoi les investisseurs boudent-ils le secteur automobile? Depuis le début de l'année, les titres de Renault et PSA sont en baisse de 15% contre un repli de 9% pour le CAC 40. Les deux groupes ont pourtant publié des résultats solides au premier trimestre, tirés par le rebond du marché automobile européen (+10% sur les cinq premiers mois). Mais ils ont pâti d'un contexte global assez menaçant : ralentissement chinois, baisse annoncée du marché automobile américain après un plus haut historique en 2015, sans oublier le scandale Volkswagen et ses répercussions sur l'ensemble des constructeurs.

Aujourd'hui le secteur automobile européen se traite à des niveaux de valorisation attractifs, affirme Nicolas Lasry, gérant chez Myria AM, dans une note publiée lundi 20 juin. "Le PE (ratio cours/bénéfices, ndlr) moyen de l’indice sectoriel européen ressort à 8.5x contre une moyenne de 10.6x depuis 2006 et un PE de 16x pour le marché européen dans son ensemble" détaille-t-il. La valorisation des constructeurs français est particulièrement basse : celle de PSA ressort à 7.9x et celle de REnault à 6.1x les bénéfices attendus en 2016. "Cette sous-évaluation n’est pas nouvelle mais semble désormais injustifiée tant que le marché automobile mondial ne s’effondre pas", affirme le gérant, soulignant l'amélioration de la rentabilité des constructeurs français "après des années de restructuration".  

Les équipementiers demandés

Quant aux craintes d'effondrement du marché automobile mondial, elles semblent exagérées. Sur les cinq premiers mois de l'année, les ventes de voitures particulières et utilitaires ont augmenté de 1,8% au niveau mondial, à 36,5 millions d'unités. Si l'Europe est la zone la plus dynamique, les marchés américain et chinois résistent mieux que prévu. Une bonne nouvelle pour les équipementiers français qui continuent à enregistrer de bonnes performances sur ces marchés. "Leur positionnement dans la chaine de valeur ajoutée s’est considérablement renforcé. En effet, leur savoir-faire est crucial pour permettre aux constructeurs de relever les défis de la baisse des émissions polluantes et de l’efficience industrielle", souligne Nicolas Lasry.

En conséquence, selon le gérant, "il semble intéressant de revenir progressivement sur le secteur automobile, en privilégiant les équipementiers, plus à même de résister en cas de baisse du marché et/ou de retour des craintes des investisseurs quant à la croissance chinoise". Parmi les dossiers à suivre il cite Plastic Omnium et Faurecia, ce dernier affichant une décote sensible par rapport aux autres équipementiers français.