Les banques européennes ont été particulièrement affectées à l’issue du résultat du référendum qui s’est tenu jeudi 23 juin sur la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. « La chute a avoisiné 18% sur la seule journée de vendredi. En comparaison le repli a été de 5,9% le jour de l’annonce de la déroute de Lehman Brothers » relève François-Xavier Chauchat, économiste et membre du comité d’investissement de Dorval AM. La valorisation du secteur est actuellement comparable à celle de 2012. « Sauf scénario d’une nouvelle crise ou d’une disparition de la zone euro qui n’est pas du tout intégré sur le marché obligataire, nous pouvons considérer que le niveau d’angoisse est exagérément élevé » signale François-Xavier Chauchat.

Certes la situation politique actuelle en Europe est bien pire qu’elle ne l’était en 2008 ou 2012. Le populisme s’est largement diffusé. Ce qui parait totalement déraisonnable peut survenir. « Sur un plan purement fondamental, le Brexit n’était pas du tout dans l’intérêt des citoyens britanniques » commente François-Xavier Chauchat. Foncièrement, nous ne sommes pas à l’abri d’un scénario similaire pour d’autres pays européens.

Cependant, de nombreux éléments sont également bien meilleurs qu’en 2008 ou 2012. En premier lieu, la Chine tient bien. Après les frayeurs que l’on a pu avoir en début d’année, la conjoncture économique montre des signes de stabilisation. Les derniers chiffres sont rassurants. Les ventes au détail sont en progression de 10% et la production industrielle de 6%. Nous ne voyons pas de prémisses de nouveaux troubles sur le yuan.
En deuxième lieu, l’écroulement de la consommation aux Etats-Unis n’est pas d’actualité. En troisième lieu, les tensions sur le segment de la dette à haut rendement (entreprises notées high yield et pays émergents), en raison des craintes liées à la détérioration de la situation financière des sociétés du secteur énergétique, se sont considérablement apaisées. « Depuis février nous observons un fort rétrécissement des spreads sur ces segments ».
En quatrième lieu, la politique budgétaire conduite en Europe est globalement plus expansionniste. « La double récession survenue en 2009 et 2013 a été essentiellement due à la politique très austère menée par les gouvernements européens, en agrégat la plus restrictive depuis la seconde guerre mondiale. La donne a changé sur ce point. La tentation est désormais celle de multiplier les mesures de relance. Matteo Renzi a clairement afficher sa volonté de réduire les impôts, le lendemain des résultats du référendum du Brexit. Telle est également la recommandation de l’OCDE depuis un petit moment» développe François-Xavier Chauchat.
Enfin, un dernier support important dans l’environnement actuel réside dans la massive intervention de la BCE. Le maintien de taux très bas, le programme de quantitative easing, les opérations de refinancement de long terme des banques européennes sont autant de paramètres clés conférant une meilleure protection au système de la zone euro.

Ce faisant l’ensemble de ces considérations pousse François-Xavier Chauchat à admettre que le secteur bancaire constitue une thématique opportuniste intéressante à jouer sur l’appui d’une approche value.

Une vision également constructive sur le secteur automobile

Tout comme le secteur bancaire, bien qu’il ait été très chahuté ces derniers jours, la question d’un repositionnement sur le secteur auto mérite de se poser, indique Stéphane Furet, directeur général de Dorval AM. Le principal driver de la bonne tenue des immatriculations a résidé dans l’affaiblissement des taux et l’amoindrissement des prix du pétrole. Il est intéressant de noter que les constructeurs ne parlent plus de prix absolu des véhicules mais de prix mensuel. Le niveau des immatriculations est encore 20% inférieur à celui qui prévalait en 2007. Le marché n’est donc pas du tout saturé. « Si nous anticipons l’absence d’une remontée sensible des taux et des prix du pétrole, compte tenu des valorisations très basses, nous pouvons raisonnablement admettre que de belles histoires sont à dénicher dans le secteur auto. Nous avons notamment en portefeuille Faurecia, Renault et Plastivaloire » conclut Stéphane Furet.