Même pour l'annonce de ses résultats commerciaux, Renault a pris de vitesse PSA. Le groupe de Boulogne Billancourt a fait état jeudi 7 juillet d'une hausse de 13,4% de ses ventes mondiales au premier semestre, à 1 567 million d'unités. Il devance ainsi PSA dont les ventes ont stagné à 1,54 million (-0,2%), d'après des chiffres dévoilés lundi 11 juillet.

PSA a notamment pâti de l'effondrement de ses immatriculations en Chine (-19,5%) alors que ce marché a progressé de 8,1%. Le groupe dit préparer une offensive commerciale au second semestre et en 2017 afin de rattraper son retard sur le segment des SUV très prisé par les automobilistes chinois. Mais il doit affronter la concurrence de plus en plus forte des marques locales. Au premier semestre la Chine est repassée derrière la France en tant que premier débouché du groupe. Compte tenu de ces difficultés PSA se tourne vers l'Iran où il espère retrouver des volumes significatifs suite à la levée des sanctions internationales. Il a noué en juin un accord de joint-venture avec Iran Khodro, son partenaire historique dans le pays, après y avoir lancé en début d’année la marque DS.

En attendant le groupe s'en remet à l'Europe où ses ventes ont augmenté de 7,3% au premier semestre, légèrement moins vite que le marché (+9,6%). PSA reste le deuxième constructeur européen derrière Volkswagen et devant Renault, mais il voit fondre son avance. Renault a en effet crû deux fois plus vite que son compatriote au premier semestre avec un bond de 15,6% pour la marque au losange et de 9% pour Dacia. L'explication tient à un renouvellement plus important de la gamme Renault (cf les modèles Kadjar, Espace, Talisman et Nouvelle Mégane face aux nouvelles Peugeot 3008 et Citroën C3).

Deux stratégies différentes

Le constructeur au losange a également connu moins d'à-coups à l'international même si les marchés russe, brésilien et algérien restent difficiles. « Nos parts de marché augmentent sur l’ensemble des régions, avec notamment une forte dynamique en Europe et dans la zone Afrique Moyen-Orient Inde. Portées par le succès d’une gamme renouvelée, la marque Renault croit de 16 % dans le monde et Renault Samsung Motors de 25,9 % en Asie. Dacia continue de progresser avec un nouveau record de vente ce semestre au niveau mondial » selon Thierry Koskas, le directeur commercial. Au final « c’est un premier semestre record pour Renault, le meilleur semestre de son histoire ».

Et le groupe ne compte pas s'arrêter là. Il vise 3,3 millions de véhicules vendus en 2017 pour un chiffre d'affaires de 50 milliards d'euros, contre 2,8 millions et 45 milliards en 2015. Cela passe par un développement accéléré sur les nouveaux marchés (Chine, Inde, Turquie…) et une intégration toujours plus forte avec son partenaire Nissan. "Renault-Nissan a le potentiel pour entrer dans le Top 3 mondial", a indiqué l'année dernière Carlos Ghosn, le patron de l'alliance, avec en ligne de mire la barre des 10 millions de véhicules.

La stratégie de PSA est différente. S'il entend bel et bien reconquérir les parts de marché perdues pendant la crise et se lancer sur de nouveaux marchés, le constructeur mise avant tout sur "l'excellence opérationnelle". "La performance compte plus que la taille" a martelé Carlos Tavares, le directeur général du groupe, lors de la présentation de son plan "Push to Pass" début avril. Il mise ainsi sur l'"agilité" de ses trois marques, dont le nombre de modèles a été réduit, ainsi que sur ses partenariats en Chine et en Iran pour accélérer sa croissance. Mais à court terme il lui sera difficile de reprendre à Renault sa couronne.