Un an après la révélation du scandale du Dieselgate, Volkswagen est loin d'avoir réglé la facture et ne connaît pas non plus son montant final. S'il a trouvé en juin un accord pour l'indemnisation de ses clients outre-Atlantique, à hauteur de 15 milliards de dollars, le groupe allemand doit faire face à la fronde de ses clients européens qui réclament eux aussi réparation. Des plaintes ont été déposées dans la plupart des pays européens mais, pour l'heure, aucune n'a abouti.

Or, d'après la commissaire européenne à la Justice Vera Jourova, "il apparaît que Volkswagen a clairement enfreint les lois relatives à la consommation dans la plupart des Etats membres". C'est e ce qui ressort de ses discussions avec les associations de défense des consommateurs et de son analyse des directives européennes en la matière. Rien ne s'oppose donc à la constitution de "class actions" au niveau national et à la condamnation du groupe. "Je veux que les autorités nationales obtiennent la meilleure protection et la meilleure réparation (dans leurs cadres législatifs) le plus rapidement possible" a précisé la commissaire.

L'enjeu est de taille: sur les 11 millions de véhicules impliqués dans ce scandale dans le monde, 8,5 millions se trouvent sur le Vieux Continent. Le groupe a lancé une vaste campagne de rappel en Europe afin de remettre les véhicules concernés aux normes. Mais il n'entend pas aller plus loin. Son argument : l'absence de préjudice pour les clients européens. « Le NOx [oxyde d’azote] est une donnée contractuelle aux Etats-Unis. Il figure dans le contrat de vente. Aujourd’hui un client américain qui roule avec un moteur diesel EA189 ne peut plus revendre son véhicule", ce qui n'est pas le cas en Europe, avait expliqué le patron de Volkswagen France, Jacques Rivoal, en février lors de son audition devant les députés.

Mais l'étau pourrait bien se resserrer sur Volkswagen. Le groupe fait l'objet d'enquêtes pénales dans plusieurs pays européens, notamment en France où le Parquet de Paris a ouvert une information judiciaire pour "tromperie aggravée". L'association de défense des consommateurs CLCV a quant à elle porté plainte pour « tromperie aggravée et pratiques commerciales déloyales ». La Commission européenne, qui avait dans un premier temps épargné le groupe, semble désormais soutenir ces procédures. Le groupe doit se préparer "aussi dans l'UE à des milliards d'euros d'amende et une vague de demandes de dédommagements", conclut le journal allemand Die Zeit.