La "politique du tweet" de Donald Trump continue à faire son effet parmi les grandes entreprises américaines. Après ses attaques contre Boeing, Lockheed Martin ou le fabricant de climatiseurs Carrier, le président élu s'en est pris mardi au secteur automobile, qu'il a menacé de taxer pour ses délocalisations.

«General Motors envoie des Chevrolet Cruze construites au Mexique à des concessionnaires américains sans payer de droits de douane à la frontière. Fabriquez aux USA ou bien payez une grosse taxe à la frontière», a-t-il écrit mardi sur son compte Twitter.

La réaction de GM ne s'est pas fait attendre. Dans un communiqué le groupe a indiqué que toutes les berlines Cruze vendues aux Etats-Unis étaient fabriquées dans son usine de Lordstown dans l'Ohio. Le troisième constructeur mondial a ajouté qu'il fabriquait au Mexique les modèles à cinq portes destinés au marché mondial, dont un petit nombre sont vendus aux Etats-Unis.

Son concurrent Ford a pris très au sérieux les menaces du futur président. Le groupe de Détroit a annoncé qu'il renonçait à son projet de construction d'une usine d'assemblage à San Luis Potosi, au Mexique, censé créer 2800 emplois moyennant un investissement d'1,6 milliard de dollars. A la place le groupe va investir 700 millions dans son usine de Flat Rock, dans le Michigan, avec la création de 700 emplois à la clé. Officiellement, cette décision est liée à la faible demande pour les modèles qui devaient être produits de l'autre côté du Rio Grande. Mais l'explication ne convainc guère alors que le groupe assurait maintenir son projet il y a quelques semaines encore. Donald Trump n'a d'ailleurs pas hésité à se féliciter d'avoir fait plier le constructeur, tandis que le ministère mexicain de l'économie s'est fendu d'un communiqué déplorant ce revirement.

S'il ne semble pas avoir entamé l'optimiste de Wall Street hier, cet épisode ravive les craintes quant à la future politique commerciale du président élu. Durant sa campagne Donald Trump a indiqué vouloir renégocier les principaux traités de libre échange conclus par les Etats-Unis, notamment l'Alena signé en 1994 avec le Canada et le Mexique, et imposer de lourdes barrières tarifaires aux entreprises américaines qui délocalisent dans les pays à faible coût. Le peso mexicain a chuté mardi à un nouveau plus bas face au dollar après avoir perdu près de 10% depuis l'élection du milliardaire.