Bien qu'il n'ait pas donné de précisions sur les négociations en cours, Carlos Tavares a défendu jeudi son projet de rachat du constructeur allemand Opel et de sa filiale britannique Vauxhall. Ce rachat permettrait de créer un nouveau "champion européen" avec une production de 5 millions de véhicules par an d'ici quelques années, selon lui.

"Cette entreprise a besoin d'aide, on ne peut pas éternellement finir chaque année dans le rouge. Vu ce que nous avons nous-mêmes accompli, nous pensons que PSA peut les aider", a-t-il affirmé. PSA a publié jeudi un bénéfice net de 2,15 milliards d'euros, quasiment doublé par rapport à 2015, et entend verser un dividende pour la première fois depuis 2011 (0,48 euro par action). La marge opérationnelle de la division Automobile s'est établie à 6%, un "record" pour le groupe.

En cas de succès de l'opération le constructeur français miserait sur 1,5 à 2 milliards d'euros de synergies avec son concurrent allemand, avec qui il partage déjà certaines technologies. "L'intégration respectera l'identité de cette entreprise, qui restera une entreprise allemande, tout simplement parce que c'est notre intérêt (car) ce que nous voulons, c'est avoir une marque allemande dans le portefeuille de marques de l'entreprise", a précisé M. Tavares.

Les gouvernements allemands et britanniques, ainsi que les syndicats représentant les salariés d'Opel et Vauxhall, avaient initialement exprimé des inquiétudes pour l'emploi au cas où l'acquisition des deux marques par PSA, révélée en début de semaine dernière, aboutirait. Mais mercredi, le gouvernement de Mme Merkel a dit vouloir «accompagner de manière positive» les discussions en vue d'une telle opération. « Tout le monde a intérêt à ce que le projet aboutisse. Les pays savent qu'une entreprise ne peut pas rester éternellement déficitaire. Les salariés aussi », a ajouté Carlos Tavares, visiblement confiant. D'après des sources proches du dossier citées par Reuters, PSA et GM espèrent officialiser ce rachat début mars.