Et de sept ! Le titre Peugeot est bien parti pour aligner une septième séance de hausse consécutive mardi au lendemain de l'annonce du rachat d'Opel et de sa division de financement pour 2,2 milliard d'euros. Vers 15h l'action s'adjuge 0,5% et confirme un début d'année sur les chapeaux de roues, en hausse de plus de 26% depuis le 1er janvier. Les investisseurs saluent une opération stratégique pour le constructeur français qui devient numéro deux européen derrière Volkswagen.

Le prix est jugé raisonnable, voire faible par les analystes. "Dans l'ensemble le deal semble plutôt favorable à PSA, avec une sortie de cash limitée et un paquet de retraite entièrement financé par GM", commente Barclays Capital dans une note. "Ceci dit, le prix proposé pour la division automobile et (la banque Opel) pose la question des valorisations dans cette industrie."

Chez Société Générale, on s'interroge sur la capacité du groupe français à redresser la marque allemande. Celle-ci a accumulé 11 milliards de pertes depuis 2009. "L'opération exposera forcément PSA à une base de coûts significativement plus élevée en Allemagne et à de nouveaux risques liés au Brexit, précisément au moment où la croissance en Europe se modère", fait-on valoir.

PSA Group entend redresser la marge opérationnelle courante d'Opel/Vauxhall à 2% d'ici 2020, puis 6%, d'ici 2026, date à laquelle les synergies sont chiffrées à 1,7 milliard d'euros.  'Le challenge du redressement semble à la portée du groupe, mais sera très dépendant du maintien d'un cycle auto positif en Europe', complètent les analystes d'Invest Securities. En effet le nouvel ensemble, qui vise une production de 5 millions de véhicules à l'horizon 2022, restera centré à plus de 75% sur l'Europe, soulignent-ils. 

L'agence Moody's souligne quant à elle l'impact négatif à court terme sur les marges de PSA et sur la génération de cash flow et les "risques d'exécution" qui pèsent sur les objectifs affichés. Elle maintient toutefois sa note de crédit à Ba2 avec perspectives stable.