Au mois de novembre 2016, les pays de l’OPEP ont été à l’initiative d’un accord prévoyant la baisse de la production de l’or noir de 1,7 million de barils par jour sur six mois, dont 1,2 million de barils pour les pays de l’OPEP (hors Libye et Nigeria) et 0,5 million de barils par jour pour 11 pays non membres du cartel dont la Russie et le Mexique. Les premières estimations avancées en janvier et février avaient fait état d’un respect des termes de cet arrangement.

Le prix du pétrole s’en est alors trouvé soutenu autour de 55 dollars, contre respectivement 49 dollars et 45 dollars en moyenne au quatrième et troisième trimestre 2016.

Ces derniers jours cependant des doutes ont émergé d’une part sur la volonté de certains Etats producteurs (Arabie Saoudite, Russie) de continuer à jouer le jeu et d’autre part sur les effets tangibles que cet accord pourrait avoir sur le prix du baril.

En particulier, une certaine relance de l’activité d’exploitation des huiles de schiste outre Atlantique a été observée depuis mai 2016. Le nombre d’appareils de forage a quasiment doublé depuis cette date sur le bassin Permien, au Texas, qui concentre désormais 55% de l’activité, précise l’IFP EN. En conséquence, la production pétrolière américaine a crû de 0,5 million de barils par jour entre octobre 2016 et février 2017. L’Agence américaine de l’énergie table sur une hausse de 0,4 million de barils par jour pour l’ensemble de l’année 2017 et 1 million de baril par jour pour 2018.

La défiance à l’égard de l’aptitude de l’OPEP à réguler le prix du baril par le biais de l’accord conclu a été renforcé par une déclaration du ministre saoudien du pétrole le 7 mars selon laquelle une baisse de la production dans la durée serait inenvisageable dans le contexte actuel compte tenu de la nature structurelle des changements auxquels le marché est confronté.

De cette situation dominée par deux aléas -le développement de la production à venir aux Etats-Unis et le changement du comportement des pays signataires de l’accord de l’OPEP- toute tentative de prévoir la variation du prix du baril pendant l’année est hasardeuse, admet l’IFP EN.

Ce qui est avéré, cependant, c’est qu’à 50 dollars le baril, la facture pétrole et gaz de la France atteindrait 39 milliards d’euros, soit 7 milliards de plus qu’en 2016. Un écart de 10 dollars le baril aurait, en outre, un impact de l’ordre de 8 milliards, l’équivalent de 0,4% du PIB. Un écart de l’euro de plus ou moins 0,05 dollar aurait une incidence d’environ 1,5 milliard d’euros.

Pour ce qui est du prix des carburants, pour un prix du baril compris entre 40 dollar et 60 dollar, l’essence sans plomb 95 pourrait osciller entre 1,31 et 1,45 euro le litre et le gazole entre 1,16 et 1,30 euro le litre. La moyenne depuis le début de l’année est évaluée à 1,41 euro pour le SP 95 et 1,27 euro pour le gazole, un surcroit de respectivement +0,10 euro et 0,15 euro par rapport à 2016.