Même s'il a repris pied lundi en bourse, Renault est bel et bien sur la défensive depuis la révélation la semaine dernière d'un rapport accablant de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF). Le document met en lumière des écarts importants entre les performances de certains moteurs Renault au moment de leur homologation en laboratoire et leur utilisation en conditions réelles, en particulier les modèles Renault Captur et Clio IV qui dépasseraient le seuil réglementaire d'émission de dioxyde de carbone de respectivement 377% et de 305%.

Les enquêteurs de la DGCCRF soupçonnent la marque au losange d’avoir installé un "dispositif frauduleux" sur quelque 900 000 véhicules, à l’instar de ce qu’avait fait Volkswagen sur 11 millions de voitures. Un ancien employé du groupe a par ailleurs rapporté l'existence de "stratégies frauduleuses" d'homologation depuis au moins vingt-cinq ans, selon la DGCCRF.

"Renault ne triche pas (...) Tous les véhicules ont été homologués conformément à la réglementation en vigueur", a déclaré Thierry Bolloré, directeur délégué à la compétitivité de l'entreprise, qui s'est dit par ailleurs "choqué et furieux" des fuites du rapport dans la presse. "On dit aujourd’hui des choses fausses sur notre entreprise, sur la base de bouts d’un rapport auquel nous n’avons d’ailleurs même pas accès.

Dans un communiqué le groupe ajoute qu'il "n’entend pas commenter une instruction en cours et rappelle qu’aucun de ses services n’a enfreint les règles, européennes ou nationales, relatives à l’homologation des véhicules. Les véhicules Renault ne sont pas équipés de logiciels de fraude aux dispositifs de dépollution. »

En janvier dernier, le Parquet de Paris a ouvert une information judiciaire contre Renault pour « tromperie sur les qualités substantielles et les contrôles effectués sur cette circonstance que les faits ont eu pour conséquence de rendre la marchandise dangereuse pour la santé de l’homme ou de l’animal ». Selon la DGCCRF Renault encourt une amende maximale de 3,58 milliards, soit l'équivalent de son bénéfice net 2016.