PSA n'échappera pas au "dieselgate". Le groupe tricolore, qui semblait être passé entre les gouttes du scandale, a été rattrapé par la justice française au début du mois. Le parquet de Paris a ouvert, le 7 avril, une information judiciaire pour "tromperie sur la qualité substantielle et les contrôles effectués avec cette circonstance que les faits ont eu pour conséquence de rendre les marchandises dangereuses pour la santé de l'homme ou de l'animal", a appris l'AFP.

Selon le journal Libération au moins 6 véhicules des marques Peugeot et Citroën
dépasseraient les normes d'émission fixées par la loi. PSA s'était pourtant distingué par de faibles dépassements lors des tests menés par la "commission Royal" en 2016 à la suite de l'affaire Volkswagen. Cette commission avait même conclu à l'absence de logiciel truqueur.

Mais le rapport de la Direction de la répression des fraudes (DGCCRF), transmis depuis au Parquet, semble avoir jeté un doute suffisamment important pour justifier l'ouverture d'une nouvelle enquête. Le groupe a immédiatement réagi à cette annonce, assurant vouloir "éviter tout amalgame et défendre ses intérêts". PSA "respecte les réglementations dans tous les pays où il opère, ses véhicules n'ont jamais été équipés de logiciel ou de dispositif" truqueur a indiqué un porte-parole, adoptant la même ligne de défense que Renault. L'autre constructeur tricolore est également sous le coup d'une enquête en France, de même que Volkswagen et Fiat-Chrysler. Seul Opel, la filiale de General Motors en cours de rachat par PSA, a été blanchi par la DGCCRF.

"Par rapport à Renault, PSA semble avoir mis en place un système plus sophistiqué et donc plus difficile à détecter, mais la tromperie paraît bien présente", a commenté à l'AFP Frederik-Carel Canoy, avocat de plusieurs propriétaires de véhicules produits par le groupe. "L'information judiciaire concernant PSA est la suite logique des investigations", a réagi de son côté Me François Lafforgue, l'avocat des associations Générations futures, Respire et Ecologie sans frontière, qui vont se constituer parties civiles dans ce dossier, comme dans les autres affaires. "On peut craindre une fraude généralisée", a-t-il ajouté.

Vers 16h20 le titre PSA lâche 1,1% sur un marché parisien en hausse de 0,3%. Renault s'adjuge également 0,3%.