Faurecia a annoncé mardi que le durcissement des normes antipollution pour l'automobile et la multiplication des types de motorisation devraient lui permettre de plus que doubler les ventes de son activité "mobilité propre", à plus de dix milliards d'euros à l'horizon 2030.

La division, nommée autrefois "contrôle des émissions", a réalisé l'an dernier des ventes "à valeur ajoutée" - hors composants qu'elle achète elle-même à des tiers - stables à 4,2 milliards d'euros. La marge de la branche devrait atteindre 15% en 2030, contre 9,4% en 2016, a ajouté Faurecia à l'occasion d'une journée investisseurs à Londres. Sur la période 2016-2030, ces prévisions correspondent à une croissance annuelle moyenne d'au moins 7% pour les ventes et de 11% pour la marge.

"Alors que dans le monde entier la réglementation en matière d'émissions de CO2 et de NOx se durcit, le marché de la mobilité durable devrait enregistrer d'ici 2030 une croissance des ventes hors monolithes d’environ 25 milliards d'euros", a déclaré Patrick Koller, directeur général de Faurecia, cité dans un communiqué. "Faurecia, leader sur ce marché, bénéficie d'un solide portefeuille de technologies et d'innovations permettant d'augmenter le contenu par véhicule.

Changements de normes en septembre

Suite au scandale Volkswagen et à l'ouverture d'enquêtes sur d'autres constructeurs (dont Renault et PSA, maison-mère de Faurecia), de nouvelles normes anti-pollution et règles de contrôle entreront en vigueur en septembre dans tous les pays de l'Union européenne. Constructeurs et équipementiers se préparent à ce durcissement qui entraîne des adaptations sur les véhicules. Faurecia a notamment racheté fin 2016 le danois Amminex, spécialiste du traitement des oxydes d'azote sur les moteurs diesels (NOx). Mais d'autres équipementiers tricolores sont également bien positionnés sur cette technologie, en particulier Plastic Omnium qui a déjà vendu son système de dépollution à plus 30 programmes véhicules en Europe, en Amérique et en Asie.

Pour ne pas s'enfermer dans une vision à court terme et anticiper l'étape suivante, Faurecia travaille aussi sur le marché de la voiture électrique où il espère réaliser un chiffre d'affaires de 800 millions d'euros en 2030. En attendant, le groupe a confirmé ses objectifs financiers pour 2017 - une hausse de 6% de ses ventes à taux de change constants et une marge opérationnelle comprise entre 6,4% et 6,8% - malgré l'avertissement sur bénéfices lancé ce matin par l'équipementier allemand Schaeffler qui plombe tout le secteur automobile.

A la mi-journée le titre cède 3,1% sur un marché parisien en baisse de 0,5%.