PSA fait rugir la bourse de plaisir. Mercredi à la mi-journée, le titre du constructeur automobile bondissait de 5% après la publication de résultats semestriels flatteurs.
Le groupe a fait état d'un chiffre d'affaires de 29,1 milliards d'euros au premier semestre, en progression de 5 % sur un an malgré une hausse plus limitée de 2,3% des véhicules vendus. Le résultat opérationnel courant ressort à 2 milliards d'euros, en hausse de 11,5 %, dont 1,4 milliard pour la division automobile, qui "atteint un niveau de rentabilité record de 7,3 %, en dépit des hausses des matières premières et de l'impact négatif des taux de change". Quant au bénéfice net, il se situe également à un niveau record pour le groupe, 1,25 milliard d'euros, en hausse de 3,6% par rapport au premier semestre 2016.

"A ce rythme, le groupe sera bientôt aussi profitable que les constructeurs allemands premiums", commentent les analystes d'Aurel BGC. Dans son communiqué PSA confirme viser une marge opérationnelle dans l'automobile de plus de 6% en 2021, contre 4,5% attendus en moyenne sur la période 2016-2018. Le constructeur table en outre sur une hausse de 10% de son chiffre d’affaires entre 2015 et 2018, et de 15% supplémentaires d’ici 2021.

Cet "croissance rentable" passe par une montée en gamme et par une internationalisation accrue du constructeur. Cependant PSA a encore connu au premier semestre de grosses défaillances sur certains marchés clés, comme en Chine et dans les pays d'Asie du sud-est, où ses ventes ont été divisées par deux sur un an. En Europe, les volumes de PSA ont reculé de 1,9% sur un marché en hausse de 4,7%. Si la nouvelle Peugeot 3008 ou la nouvelle Citroën C3 ont permis de sauver les meubles chez les deux marques historiques, la marque premium DS a, elle, vu ses ventes s'écrouler de 46%. La route pour rivaliser avec les constructeurs allemands est encore longue et semée d'embûches…L'autre défi pour PSA réside dans l'électrification de sa gamme qui reste très centrée sur les modèles essence et diesel. A l'heure où certains constructeurs – Volvo pour ne pas le nommer- annoncent une gamme entièrement hybride ou électrique à l'horizon 2019, la stratégie des groupes français dans ce domaine reste floue.