Le soutien de la chancelière Angela Merkel aux actions collectives en justice ("class actions") pourrait forcer Volkswagen à proposer des compensations aux propriétaires de voitures diesel en Allemagne comme il l'a fait aux Etats-Unis dans le cadre du scandale de manipulation des tests d'émissions.

VW a offert des milliards de dollars à ses clients américains à la suite du scandale qui a éclaté en 2015. En revanche le groupe a refusé jusqu'à présent toute compensation pour les 8,5 millions de véhicules concernés en Europe où la législation est différente et limite les chances que ses clients obtiennent en justice le droit à réparations.

"Nous allons probablement bientôt prendre des mesures pour (discuter) de l'affaire au niveau judiciaire afin que l'on puisse aussi mener des actions collectives dont je soutiens le principe", a déclaré Angela Merkel lors du débat télévisé qui l'a opposée dimanche soir à Martin Schulz, son rival social-démocrate aux élections législatives du 24 septembre. "Il est complètement clair que l'industrie automobile doit être tenue responsable de ce qu'elle a fait", a-t-elle ajouté, dans ce qui représente son engagement le plus clair à ce jour en faveur d'une modification de la procédure législative allemande.

Angela Merkel a été critiquée pour son manque de réaction suite au scandale Volkswagen et après les révélations du magazine Der Spiegel sur une entente entre tous les constructeurs allemands. Début août, ces derniers ont présenté au gouvernement un plan de réduction des émissions polluantes, qui prévoit le rappel de quelque 5,3 millions de véhicules diesel. Mais ils ont échappé à l'interdiction pure et simple des motorisations diesel décrétée à plus ou moins longue échéance dans d'autres pays.