L'étau se resserre autour de PSA. Le constructeur qui fait l'objet d'une enquête du Parquet de Paris pour "tromperie aggravée" a découvert vendredi dans Le Monde les charges qui pèsent contre lui. Selon le rapport de la Direction des fraudes (DGCCRF) auquel le journal a pu avoir accès, le groupe de Carlos Tavares a mis en place une « stratégie globale visant à fabriquer des moteurs frauduleux, puis à les commercialiser ».

En cause, les moteurs "Euro 5" et certains "Euro 6" qui équipent les modèles les plus récents du groupe, dont les Peugeot 208, 807 et 5008 et les Citroën C3 et C5. Bien qu'il dispose d'une technologie plutôt performante pour la réduction des émissions polluantes, baptisée SCR (selective catalyst reduction), PSA aurait paramétré ses moteurs selon deux modes de fonctionnement : un mode 'LowNox' qui « abaisse les Nox (oxydes d'azote) mais augmente la consommation et réduit le brio [reprise] du véhicule » et un mode 'LowCO2' qui « réduit la consommation, favorise le brio mais augmente de manière significative les NOx », indique le rapport. Le premier mode n'était activé que pour permettre aux véhicules de passer les tests d'homologation, grâce à un "calculateur de contrôle moteur". Cela expliquerait les écarts d'émissions constatés par DGCCRF lors des tests réalisés suite au scandale Volkswagen.

Au moins 1,9 million de véhicules vendus entre 2009 et 2015, rien qu'en France, sont concernés, selon le rapport  qui évoque une amende pouvant aller jusqu'à 5 milliards d'euros, mais également des poursuites contre l'entreprise et ses dirigeants. 

PSA a vivement réagi à ces informations. Dans un communiqué le constructeur "s'indigne de la transmission d’informations à des tiers sans qu’il ait eu de son côté accès au dossier transmis par la DGCCRF au parquet". Selon lui les réglages de ses moteurs visent à privilégier la réduction des oxydes d'azote (NOx) en ville et la réduction des émissions de CO2 sur route. Il affirme également que ses véhicules "n’ont jamais été équipés de logiciel ou de dispositif permettant de détecter un test de conformité et d’activer un dispositif de traitement des polluants qui serait inactif en usage client".

D'autres constructeurs sont également visés par des enquêtes de la justice française, en l'occurence  Volkswagen, Renault et Fiat. Mais c'est bien le titre Peugeot qui est sanctionné vendredi, en recul de 4,1% sur un marché parisien quasiment à l'équilibre.