Drôle de mois de novembre pour PSA. Alors que le constructeur enregistre de solides performances commerciales (+34% de volumes en France), il a souffert en bourse, affichant un repli de 14% sur un mois, l'un des plus forts reculs du secteur.

A 16h30 vendredi, le titre cédait encore 1,5% sur un marché parisien proche de l'équilibre.

D'après les chiffres dévoilés dans la matinée par le Comité des constructeurs français d'automobiles (CCFA), les ventes de PSA ont atteint 57 539 unités le mois dernier en France, soit une hausse de 34,1% par rapport au même mois de 2016, sur un marché tricolore qui s'est étoffé de 10,3%. Certes, la performance de PSA est en partie due au rachat d'Opel, bouclé cet été, lequel a gonflé les volumes de 6300 unités supplémentaires. Mais même sans cet apport, les ventes ressortent en hausse de 24%, souligne le CCFA.

PSA a largement distancé ses principaux rivaux le mois dernier en France notamment Renault (+5,3% à 43 533 unités) et Volkswagen (-0,6% à 22 349 unités). Depuis le début de l’année, les ventes du groupe ont progressé de 9,9% sur un marché tricolore en hausse de 5,3%.

Mais les investisseurs ne retiennent pas tant ces chiffres que les interrogations sur la capacité de PSA à absorber et redresser Opel, en dépit des collaborations déjà établies entre les deux groupes. Le plan présenté par Carlos Tavares début novembre prévoit un milliard d'euros de synergies d'ici 2020, via la réduction du nombre de plateformes de production (et donc des suppressions de postes). S'il rappelle volontiers le redressement spectaculaire de PSA dont il a été le principal artisan, M. Tavares souffle le chaud et le froid sur sa nouvelle acquisition. Mi-novembre il a notamment déclaré au quotidien allemand Süddeutsche Zeitung : "Lorsque nous avons acheté Opel à General Motors, on ne nous a pas montré la face cachée de la lune, notamment qu'il n'y avait absolument aucun plan pour respecter les normes de l'UE en matière d'émissions de CO2." Ce manque d'anticipation pourrait coûter cher au groupe, alors que les normes antipollution ont été durcies au 1er septembre dans l'Union européenne. PSA songerait même à demander un dédommagement à General Motors, d'après des rumeurs de presse qui n'ont toutefois pas été confirmées.

Quoiqu'il en soit les résultats du groupe pourraient pâtir au cours des prochains mois de l'intégration, ou plutôt de la restructuration d'Opel. D'où la prudence affichée par la bourse après le parcours très flatteur du titre (+400% sur les cinq dernières années). PSA sait qu'il n'a pas le droit à l'erreur sur un marché où la transition vers l'électrique s'accélère.