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Ecologie : les équipementiers automobiles mettent la gomme

Ecologie : les équipementiers automobiles mettent la gomme

(Easybourse.com) Les équipementiers automobiles voient l'avenir en vert. Les réglementations se durcissent en matière d'émissions de Co2 pour les véhicules, et les constructeurs comme leurs équipementiers se mettent au diapason des technologies vertes. Face à des marchés matures qui restent atones, ils se tournent vers les nouveaux marchés, notamment l'Asie.

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A l'image de leurs clients constructeurs automobiles, les équipementiers s'orientent vers différentes stratégies pour gérer au mieux la sortie de crise. Ces stratégies s'organisent autour de deux axes majeurs : l'accélération du développement des technologies vertes pour des véhicules plus économes et moins polluants, et le renforcement de leur présence dans les nouveaux marchés telle que la Chine, l'Inde et le Brésil.

Les réglementations de limitation des émissions de gaz à effet de serre, tant au niveau national qu'européen, sont de plus en plus restrictives dans le domaine de l'automobile. Outre des systèmes de malus et de bonus comme en France, les autorités des différents pays élèvent les critères en matière de réduction d'émissions de Co2. L'Union européenne a prévu une réglementation selon laquelle les véhicules neufs ne devront pas émettre plus de 130g/km en moyenne d'ici à 2012. A horizon 2020, l'UE souhaiterait que cette limite s'établisse à 95g/km. Ces restrictions poussent l'industrie automobile à investir en recherche et développement (R&D). D'après Valeo, les investissements en R&D ont continué à augmenter significativement entre 2004 et 2010, et ce même durant la crise, tandis que ceux des constructeurs automobiles ont moins progressé. «Nous n'avons jamais réduit, y compris dans la crise, nos investissements en recherche et développement. Pour nous, c'est fondamental, c'est dans les gènes de Michelin», a souligné Jean-Dominique Senard, co-gérant de Michelin, à l'occasion de l'annonce le 28 septembre dernier de son augmentation de capital.

Il n'y a pas de petites économies pour rendre un véhicule plus propre

Pour réduire la consommation de carburant et les émissions de Co2, il n'y a pas de petites économies. Par le biais des matériaux utilisés (biomatériaux, matériaux recyclés), de l'architecture des produits, du design, ou encore des procédés de fabrication, chaque élément développé par les équipementiers (moteur, sièges, tableau de bord, éléments de carrosserie), peut représenter une diminution du poids total du véhicule et ainsi permettre des réductions d'émissions de Co2. Par exemple, Faurecia a mis en place son programme «Light Attitude» et dit être parvenu à réduire de 15% le poids total du véhicule, entraînant une réduction des émissions de Co2 de 4g/km.

Les pneumatiques peuvent également participer à cet effort vert. Le leader de ce segment Michelin a présenté lors de ce Mondial de l'Automobile 2010 la quatrième génération de son pneu à basse consommation de carburant, le Michelin Energy Saver (première génération en 1992). Réduction de la consommation en carburant, haut niveau de sécurité, et longévité optimisée, tels sont les trois piliers sur lesquels les fabricants de pneumatiques comme Michelin ou le japonais Bridgestone se concentrent. A partir de la fin 2012, la réglementation européenne exigera que les pneus soient accompagnés d'une étiquette rendant compte de la contribution du pneu aux économies de carburant, du niveau de freinage sur sols mouillés, et du niveau de bruit extérieur des pneus, et atteignent des seuils minimaux de performances dans ces trois domaines. La logique écologique dans le secteur automobile passe aussi par une réflexion sur la fin de vie des produits dès leur conception, à travers le choix des matériaux notamment. «En France comme dans le reste de l'Europe, nous participons à la mise en œuvre de ces sociétés qui elles-mêmes se chargent du recyclage des pneumatiques. (…) Il faut faire en sorte que dans les pays émergents, les pays nouveaux, cette même culture du recyclage prenne le pas très vite», a expliqué Jean-Dominique Senard.

La réduction de la consommation énergétique passe aussi par les technologies liées au moteur, que ce soit celle du stop & start développée par Valeo, le développement du véhicule hybride ou électrique. Les équipementiers s'accordent à dire que la réduction d'émissions de Co2 par les voitures passera par plusieurs solutions et que le moteur thermique n'a certainement pas dit son dernier mot, mais le moteur hybride et l'électrique vont petit à petit se tailler une part plus importante du gâteau. Valeo ainsi que cinq autres équipementiers (Leroy Somer, Johnson Controls, GKN, Michelin, Leoni) ont créé un consortium pour proposer aux constructeurs une chaîne de traction électrique complète.

Claire Lavarenne

Publié le 11 Octobre 2010