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Les équipementiers appâtés par la Chine

Les équipementiers appâtés par la Chine

(Easybourse.com) Les équipementiers automobiles prévoient de renforcer leurs investissements dans les nouveaux marchés. La Chine est devenue le premier producteur mondial d'automobiles, mais c'est aussi le premier marché. Entre le désir de profiter de ce vaste marché et le risque de transfert de technologie, leur cœur balance.

Interview de Flavien Neuvy

Interview

Flavien Neuvy

Responsable de L'Observatoire Cetelem

Observatoire Cetelem

Interview de Flavien Neuvy

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Flavien Neuvy

Responsable de L'Observatoire Cetelem

Observatoire Cetelem

Au niveau mondial, la stratégie des équipementiers automobiles se tourne résolument vers les nouveaux marchés tels que la Chine, l'Inde ou le Brésil. La clientèle de Valeo se révèle assez diversifiée, mais le groupe réalise déjà 20% de son activité en Asie. Entre 2007 et 2010, la production automobile a baissé de 4% en Europe et aux Etats-Unis, tandis qu'elle a augmenté de 7% en Chine, selon Valeo. Ainsi, la Chine pourrait devenir le deuxième pays pour Valeo en termes de ventes à horizon 2012. Pour renforcer sa position en Chine, le groupe français veut s'adapter au marché chinois tant dans les produits qu'en termes de management.

La Chine, un marché plein de promesses ?

En effet, non seulement la Chine est devenue le premier producteur mondial d'automobiles, mais c'est aussi le premier marché. Dans ses objectifs à moyen terme, Faurecia a réaffirmé sa volonté d'accélérer son développement en Asie, notamment en Chine et en Corée du Sud. De son côté, Michelin a trois projets d'usines qui devraient entrer en production en 2012, en Chine, en Inde et au Brésil. De plus, le fabricant de pneumatiques voudrait renforcer sa présence sur les nouveaux marchés en y réalisant 45% de ses ventes en 2020, contre 33% en 2010. «Si des opportunités se présentaient lors de consolidations dans l'industrie dans certaines zones du monde comme par exemple en Asie, nous pourrions peut-être en profiter. Mais il n'y a pas à ce stade de projet particulier à mentionner», a indiqué Jean-Dominique Senard, co-gérant de Michelin, à l'occasion de l'annonce le 28 septembre dernier de son augmentation de capital. Cette levée de 1,2 milliard d'euros doit entre autres financer l'accélération du développement de Michelin à l'international.




Les équipementiers dans leur ensemble paraissent confiants pour leurs résultats en 2010, certains ayant même revu à la hausse leurs prévisions. Le PDG de Valeo, Jacques Aschenbroich, rappelle que le marché des équipementiers est celui de la production automobile et non pas des immatriculations de véhicules, étant donné que la première monte représente 84% du business des équipementiers. De ce fait, après une année 2009 impactée par le fort déstockage, la production devrait connaître une progression de 10% en Europe et de 19% au niveau mondial. Selon la Fiev (Fédération des industries des équipements pour véhicules), en 2009 la production mondiale de véhicules a baissé de 12,9% par rapport à 2008, à 61,7 millions d'unités, mais avec des disparités selon les grandes zones géographiques.

Le chiffre d'affaires de Valeo au deuxième semestre devrait être significativement plus élevé que celui qui avait été prévu en juillet. Pour l'année 2010, Michelin «confirme son ambition d'une croissance de ses volumes vendus supérieure à 10 %, (…) et vise, malgré l'impact attendu des coûts de matières premières, une marge opérationnelle qui pourrait approcher 9 % des ventes nettes, avant éléments non récurrents». L'activité des équipementiers sur l'ensemble de l'année 2010 devrait connaître une progression comprise entre 5% et 7%, selon la Fiev. A la fin du premier semestre 2010, des équipementiers comme le japonais Bridgestone (pneus) ou l'américain Honeywell (turbos) ont révisé à la hausse leurs prévisions annuelles. Concernant 2011, au niveau mondial la production automobile pourrait croître de 5%, mais se replier de 2% en Europe.

La Chine se présente comme un marché plein de promesses pour les équipementiers automobiles. Toutefois, la consolidation du secteur n'a pas encore eu lieu et la myriade actuelle d'équipementiers chinois pourrait à terme donner naissance à des groupes suffisamment importants en taille et complets pour couvrir les besoins des constructeurs sur le marché chinois. Reste qu'à l'heure actuelle, ces nombreux équipementiers ne peuvent pas encore répondre à tous les besoins des constructeurs, ce qui laisse un rôle à jouer pour les équipementiers étrangers.

Claire Lavarenne

Publié le 08 Octobre 2010