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Volkswagen n'a plus de frontières

Volkswagen n'a plus de frontières

(Easybourse.com) Incontournable en Amérique Latine, numéro deux en Chine, le constructeur allemand opère un retour timide aux Etats-Unis. Marché en forte croissance, la Russie pourrait être la prochaine et dernière étape qui achèvera son quadrillage de la planète.

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«Volkswagen sera bientôt le premier constructeur automobile mondiale» s’accorde à affirmer l’ensemble des analystes. Pour répondre à la logique d’industrialisation de masse de Volkswagen, il fallait trouver des débouchés. Le constructeur allemand a ainsi quadrillé la planète. «Ils sont dans tous les pays du monde, et en général, ils sont soit numéro un, soit numéro deux. En Chine, où ils ne sont présents que par une joint-venture, ce marché a rapporté près de 900 millions d’euros de résultats en 2009» souligne François-Pierre Arth de chez Groupama AM. Pour Martin Winkertorn, patron de VW, «la Chine est le vent qui pousse VW dans le dos» et devrait désormais tirer les ventes du groupe. Volkswagen a conquis 16,5% d’un marché qui doit encore grossir de 75% à horizon 2018, d’après les prévisions de M. Winkertorn.

Les nouveaux riches chinois raffolent des Audi


Mieux, le boom des voitures de luxe des nouveaux riches chinois font décoller les ventes d’Audi, et tirent les profits du géant allemand. «En achetant Audi, le consommateur chinois a le sentiment d’acheter local, contrairement à BMW et Mercedes qui exportent leurs voitures» d’après François-Pierre Arth. Le premier marché du monde reste néanmoins dominé par General Motors, et l’allemand n’arrive qu’à la seconde place. Le constructeur américain ex-numéro un mondial est bien décidé à mener son offensive en Chine pour retrouver ses volumes d’antan pour contrebalancer la chute de son marché domestique.

Volkswagen ne se laisse pas impressionner pour autant et a décidé de défier General Motors sur ses propres terres. En construisant une usine dans le Tennessee, VW veut profiter de son expertise dans les berlines, segment prometteur outre-Atlantique où les constructeurs historiques pêchent. Son vrai rival américain est en réalité BMW, numéro un mondial et aux Etats-Unis des véhicules haut-de-gamme. Mais le groupe ne compte pas uniquement sur sa marque Audi pour aller au-delà des 3% qu’il détient localement et compte sur

Le jour où Volkswagen aura décidé d'aller en Russie, il mettra le
paquet

sa Volkswagen Passat. L’investissement total s’élève à 4 milliards de dollars en Amérique du Nord dont une usine de moteur au Mexique qui doit ouvrir en 2013.

21% du marché Sud-Américain

Cette dernière viendra d’ailleurs en soutien de la stratégie en Amérique du Sud où Volkswagen est désormais bien implanté avec 21% du marché. Ce marché est aussi prometteur que le marché asiatique grâce à la montée en puissance de pays comme le Brésil ou l’Argentine. Dernière carte en main, Suzuki. En rachetant 20% du constructeur japonais spécialiste des petites voitures, VW se réserve une porte d’entrée tout à fait stratégique dans le sous-continent Indien. Suzuki est, en effet, actionnaire majoritaire d’un des premiers constructeurs automobiles indien Maruti Suzuki. La marque est également bien implantée dans les autres «dragons » de la région (Indonésie, Thaïlande, Viet-Nam…).

Au final, Volkswagen a pris de l’avance sur pratiquement tous ses concurrents en termes d’internationalisation, même si on remarque que la Russie semble avoir été ignorée. «C’est vrai que Volkswagen est absent de Russie, mais il n’y a pas de doutes que le jour où il aura décidé d’y aller, il mettra le paquet» estime François-Pierre Arth.
Nabil Bourassi

Publié le 01 Décembre 2010