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Renault/PSA: les perspectives moroses se confirment en Europe

Renault/PSA: les perspectives moroses se confirment en Europe

(Easybourse.com) Les constructeurs automobiles français vivent une année 2011 difficile en Europe alors même que ce marché est loin de s'être effondré comme attendu. Ce repli contraste avec les performances des groupes allemands...

Inutile d’allumer les feux de brouillard, l’épaisse brume qui a enveloppé le marché automobile européen empêche toute visibilité à court et moyen terme. Si les analystes sont d’accord pour estimer que le premier semestre a été moins mauvais que prévu au lendemain de la fin de la prime à la casse en Europe, ils restent circonspects quant à la tenue des ventes dans les prochains mois. Pourtant, les constructeurs allemands affichent des niveaux de ventes record et dynamisent la balance commerciale du pays, tandis que les constructeurs «latins» sont à la traîne, voire dans des situations extrêmement critiques.

Fiat fait moins bien que les Français...

Il en est ainsi pour Fiat dont les ventes s’écroulent depuis le début de l’année en Europe (-12%). Les ventes de la seule marque Fiat lâchent 18%. En contraste, les ventes de BMW progressent de 8%, celles d’Audi de 9% à fin août, tandis que les immatriculations de Mercedes ont progressé de 17,7% sur le seul mois d’août.

Les constructeurs français n’échappent pas à la règle. PSA affiche une baisse de ses volumes de 7% et Renault de plus de 10% à fin août. Les raisons de cette baisse sont connues. Leur positionnement sur les petites voitures les pénalise par un effet de comparaison défavorable. En 2010, ce segment était fortement subventionné par les primes à la casse. Autre difficulté, leur

Cette fois, les constructeurs devront probablement compter sans subventions de l’Etat pour soutenir le marché

implantation géographique se confond avec les marchés les plus en difficulté à savoir l’Italie, la péninsule ibérique et la France…

Pourtant, le marché est moins mauvais que prévu. L’année dernière, les constructeurs prévoyaient une baisse de 10 à 15% du marché européen, or celui-ci est relativement stable à -1,3% à fin août. «Le rythme n’est pas linéaire et il faut s’attendre à une fin d’année très difficile», explique Frédéric Bonneau, analyste automobile au Crédit Agricole. Yann Lacroix, de EulerHermes, estime que «le marché français est encore haut par rapport à sa moyenne de longue période». «Mais il ne faut pas s’attendre à une violente correction en 2012, mais plutôt à une baisse potentielle de 200 000 à 300 000 véhicules», a-t-il ajouté.

40% sur des Twingo...

En réalité, toutes ces prévisions restent soumises à l’évolution de la conjoncture. Depuis août, les marchés sont saisis par la crainte d’une nouvelle récession qui pourrait assécher le marché du crédit, à l’image de la crise financière de 2008. «S’il y a une nouvelle crise, les constructeurs devront probablement compter sans subventions de l’Etat pour soutenir le marché cette fois», juge Frédéric Bonneau. Les remèdes engagés par les constructeurs français pour maintenir leurs positions sont restées dramatiquement vaines. D’un côté, PSA mise fortement sur le segment des grosses voitures. La nouvelle C4 semble être un succès et la C5 garde la main sur son créneau face à la Passat. L’extension de la ligne DS permet de renforcer cette stratégie qui, certes n’étoffent pas les volumes, mais permet d’améliorer les marges. Peugeot a fait une entrée remarquée dans les SUV avec le 3008 et le lancement d’une version hybride diesel pourrait accentuer la notoriété de la marque. Ajoutez à cela le restylage réussi de la 308 et le succès de la RCZ, PSA avait tous les moyens de sortir du cloisonnement des petites voitures. De son côté, Renault a pris du retard sur le renouvellement des gammes notamment des segments supérieurs (Laguna, Espace…). Le groupe applique depuis plusieurs mois des réductions conséquentes sur ses modèles d’entrée de gamme. Jusqu’à 40% sur une Twingo ou une Clio.

Si le premier espère s’en sortir par le haut grâce à un meilleur mix-produit et donc jouer sur de meilleures ventes en valeur, le second essaie de sauver les meubles en jouant davantage sur les volumes. Les constructeurs français jouent à fond la carte de l’internationalisation pour compenser les volumes. Dommage de ne pas avoir misé sur une diversification en Europe-même où le marché allemand est, lui, en croissance…
Nabil Bourassi

Publié le 27 Septembre 2011