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PSA : le lion blessé

PSA : le lion blessé

(Easybourse.com) Le premier constructeur automobile français a dévoilé cet été de graves difficultés financières liées à la baisse de ses ventes. Son salut passe aujourd'hui par une restructuration de ses activités en Europe et par un développement à l'international.

PSA Peugeot Citroën va mal. Le constructeur français a accusé au premier semestre une perte nette de 819 millions d'euros contre un bénéfice de 806 millions un an plus tôt, et « brûle » 200 millions de trésorerie tous les mois. La raison de cette mauvaise santé financière est simple : le groupe ne vend pas assez de voitures. Au premier semestre, ses ventes mondiales ont chuté de 15,2% par rapport à la même période de 2011, et elles ont enregistré un nouveau repli de 3,9% au troisième trimestre. PSA dit faire face à un « tsunami commercial » sur le marché automobile européen, qui a perdu un quart de ses volumes en cinq ans. PSA réalise 60% de ses ventes en Europe.

Le groupe est « pris entre des ventes qui diminuent, des surcapacités et des perspectives de reprise du marché qui s'éloignent », confirme le rapport Sartorius remis en septembre au gouvernement. Il a fait ces dernières années un certain nombre d’erreurs stratégiques, à commencer par des objectifs commerciaux trop ambitieux. « Dans la décennie 2000, le groupe a visé un objectif de production de 4 millions de voitures par an, alors qu'il n'a jamais dépassé 3,6 millions. Son outil de production est donc surdimensionné ». Ainsi le taux moyen d'utilisation des usines européennes du groupe est tombé à 76 % au premier semestre 2012, contre 86 % en 2011. Largement insuffisant pour un producteur généraliste, qui a besoin de produire en gros volumes pour amortir ses coûts.

PSA doit d'urgence redresser la situation

La décision de fermer l’usine d’Aulnay-sous-Bois, qui emploie 3000 personnes, et de supprimer au cours des prochaines années jusqu’à 8000 postes en France, est le fruit de ce constat. « PSA doit d'urgence redresser la situation (…) En ce sens, la nécessité, dans son principe, d'un plan de réorganisation des activités industrielles et de réduction des effectifs n'est malheureusement pas contestable », indique le rapport Sartorius.

Au-delà de ces mesures d’urgence, qui font l’objet d’âpres discussions avec les syndicats, PSA doit à tout prix s’internationaliser. « Plus que jamais. Le salut de PSA réside dans une plus forte présence sur les marchés émergents », souligne Bertrand Rakoto, analyste automobile chez RL Polk. C’est ce qu’a entrepris Philippe Varin depuis deux ans ». La Chine est d’ores et déjà le deuxième marché de Citroën mais le groupe peine à rivaliser avec d'autres constructeurs comme GM ou Volkswagen.

Le groupe produira à partir de 2013 sa DS5 en Chine 


« Le groupe paye probablement aujourd'hui les conséquences de sa taille modeste (8ème constructeur mondial), résultat d’une prise de conscience tardive de l’importance des marchés émergents dans une économie de l'automobile qui s'est mondialisée en moins de 20 ans », estime un expert. L’alliance avec General Motors, annoncée en début d’année, est jugée positivement par la plupart des analystes, qui s’interrogent cependant sur ses retombées réelles. Les deux groupes ont annoncé le développement en commun de quatre modèles, tous destinés au marché européen. Mais GM ne semble pas disposé à faire profiter PSA de son implantation en Chine, où il dispose d’une part de marché de 15%.

Qu’à cela ne tienne, PSA produira à partir de 2013 sa DS5 à Shenzen, signe de la volonté d’internationalisation et de montée en gamme du groupe. « Avec nos lancements récents - la Peugeot 208, la Citroën DS5, la technologie hybride diesel sur les Peugeot 3008 et 508 et la Citroën DS5 - et à ceux qui restent à venir cette année – la Peugeot 301, les Citroën C-Elysée et C4L ainsi que la nouvelle C3 en Amérique Latine -, nous avons les véhicules pour défendre nos positions en Europe et poursuivre notre expansion dans les pays émergents », assure Frédéric Saint-Geours, le directeur des marques. Grâce aux économies réalisées par ailleurs en Europe, le groupe espère retrouver un cash-flow opérationnel à l'équilibre fin 2014.


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François Schott

Publié le 31 Octobre 2012