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Interview de Thomas Louis : PDG d'Acer Finance, co-gérant du Fonds Acer Actions

Thomas Louis

PDG d'Acer Finance, co-gérant du Fonds Acer Actions

Une de nos principales convictions, la société Michelin

Publié le 08 Avril 2011

Une valeur que vous appréciez particulièrement est Michelin. Pourquoi ?
Michelin est un des leaders mondiaux du pneu tant dans le marché d’origine que dans le marché de remplacement. Le groupe a un positionnement important sur les volumes, ce qui est un atout dans le cadre d’une exposition à des marchés émergents.
La société a également une orientation sur le marché des pneus spéciaux, un marché à forte valeur ajoutée qui autorise un pricing power significatif et des marges confortables.
Le groupe a une direction solide, inscrite sur la durée.

Quel est le potentiel de revalorisation de l’action ?

Notre objectif de cours dans un horizon de 8 à 12 mois est de 73 euros.
La valeur se paie relativement peu cher, à 9 fois les bénéfices ( et un cours en recul de -40% par rapport à ses plus hauts de 2007). Le CA est attendu en hausse de plus de 11,23% par rapport à 2010, soit près de 20 milliards d’euros.

Le rendement peut paraitre décevant (2,89%) mais les investissements réalisés ces dernières années devraient payer dans la période à venir d'autant que le gearing a sensiblement diminuer ces dernières années sécuriant les cash flows.

Depuis quand êtes vous exposés à la valeur ?

Nous sommes exposés à la valeur depuis six mois, date à laquelle nous avons arbitré les automobiles au profit des équipementiers. Nous avons progressivement renforcé notre exposition à la valeur. Celle-ci représente 4% de notre fonds qui se compose de 30 valeurs, principalement des actions françaises leaders dans leur secteur.

Quels sont les principaux risques sous-jacents à la valeur ?
Le risque premier réside dans l’existence d’une rupture dans les volumes de commandes. En cela le ralentissement au Japon pourrait avoir un impact. Je profiterai plutôt de ce facteur d’inquiétude qui conduit à une correction temporaire pour entrer dans la valeur.

La hausse du prix du caoutchouc ne constitue t elle pas un autre risque ?

L’exposition au prix du caoutchouc est importante. Ils sont parvenus à traduire la hausse du prix de la matière première de 7% depuis un an sur les prix de vente.
La hausse du caoutchouc ne devrait pas constituer un risque dans la mesure où cette hausse est contenue à environ 10% supplémentaires. Au dalà

Quel a été l’élément déclencheur de votre prise de participation ?

Nous suivons la valeur depuis plusieurs années. La société a beaucoup investi ces dernières années pour installer des chaines de construction en Inde et en Chine. Le pouvoir de pénétration dans ces zones géographiques devrait s’accentuer. Nous attendions de constater les effets positifs de l'installation dans ces pays pour investir dans la valeur.
La concurrence dans ces deux grands pays émergents n’est elles pas vive ?
Il n’y a pas de véritable concurrent qui ont la même expertise que Michelin aujourd’hui.

Que voyez-vous en termes de croissance organique et de croissance extérieure ?
La situation de la société est quasiment oligopolistique. Je vois mal Michelin aller acheter des concurrents actuellement.
Il n’est en revanche pas exclu de voir une plus grande implication dans l’activité de distribution des pneus et donc le renforcement de réseau de vente propre.

Vous détenez également Faurecia et Valeo. Qu’est ce qui distingue Michelin de ces deux autres équipementiers ?

La chaine de fabrication est plus simple chez Michelin que chez Faurecia et Valeo qui sous traitent beaucoup. D'autre part, les fabricants de pneumatiques ont un accés directe au marché de rechange que n'ont pas nécessairement les équipementiers.

De quelle manière conseilleriez-vous d’investir dans cette valeur ?

C’est une valeur de fond de portefeuille.

Propos recueillis par Imen Hazgui

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