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Interview de Alain Ricard : Directeur général adjoint de Géodis

Alain Ricard

Directeur général adjoint de Géodis

Ce premier semestre affiche des résultats qui sont avant tout le reflet des coûts d’intégration

Publié le 02 Août 2007

Un commentaire sur les résultats que vous venez de publier ?
En dehors des résultats, ce premier semestre 2007 est important pour Geodis : nous avons d’abord acquis Wilson le 5 février dernier, puis débuté le processus d’intégration qui s’achèvera en fin d’année. Nous avons aussi changé d’organisation pour passer en divisions métiers, et enfin nous avons lancé une augmentation de capital, ce qui n’est jamais une opération facile à gérer.

Au-delà des chiffres, il faut surtout noter que Geodis a réalisé au premier semestre 2007 la mise en chantier de nombreuses actions, qui marquent le départ de notre plan à trois ans.

Ce plan 2007-2009 prévoit une augmentation du CA de 40% à l’horizon 2009, soit 5,3 milliards d’euros, ainsi qu’un doublement du résultat opérationnel qui devrait s’approcher de la barre des 4% du CA. Au vu de vos résultats semestriels, vous estimez-vous en ligne avec ces objectifs ?
Il n’y a pas vraiment de déclinaison semestrielle de ces objectifs annuels. Disons que l’essentiel pour l’instant, c’est que le lancement des actions de ce plan a été effectué et que l’intégration de Wilson se déroule correctement.

L’intégration de Wilson et la réalisation du plan par la division Freight Forwarding sont déterminantes dans l’atteinte des objectifs à 2009.

Le fait que les résultats de Wilson soient au niveau de nos attentes et que le processus d’intégration se passe correctement sur le premier semestre ne peut pas préjuger de ce que sera 2009, mais cela conforte notre vision.

Le cours de votre titre vous apparaît-il satisfaisant ?
Si l’on prend un peu de recul et que l’on regarde ce que disent les analystes, la valorisation du titre Geodis se situe entre 180 et 185 euros. Or, si on se positionne sur les objectifs de résultats à terme en 2009, on est certainement au-delà de ces chiffres…

Nous avons eu depuis novembre 2006 un parcours boursier correct, puisque nous avons fait une augmentation de capital et que finalement le titre s’est tenu, mais nous sommes encore en dessous des objectifs fixés par les analystes et de ce qu’on peut estimer comme étant la valorisation de l’entreprise au terme du plan.

Vous rencontrez des difficultés en Espagne et en Italie, comment comptez-vous redresser votre activité dans ces pays ?
La situation espagnole s’est dégradée à partir de l’exercice 2005, mais elle a surtout provoqué une baisse des résultats en 2006. Nous avons déjà effectué une modification des équipes de management avec l’arrivée d’un nouveau patron issu de Seur, le spécialiste de l’express en Espagne, mais il faudra nécessairement du temps avant de pouvoir revenir au Break-even.

Pour revenir à un bon niveau de qualité et stabiliser le portefeuille de clients, il faut travailler sur les opérations, c’est un travail méticuleux qui s’effectue agence par agence. On est donc sur une opération d’optimisation de la production qui devrait déboucher sur le Break-even en 2009.

En Italie, la situation est en cours d’amélioration. Les résultats sont nettement meilleurs que ceux de l’an passé. Nous pensons d’ailleurs atteindre le Break-even cette année. La messagerie y sera toujours négative en 2007, mais ses pertes auront été largement réduites.

A la différence de l’Espagne, nous devrons certainement réaménager le réseau, déménager certaines agences, effectuer des réimplantations… Il est encore un peu tôt pour en parler, mais une fois que les divisions seront en place, en particulier la messagerie, nous proposerons un plan sur le second semestre 2007 concernant notre évolution future en Italie.

Le CA de Geodis a progressé de 22,1% au premier semestre 2007, notamment grâce  à l’intégration du CA réalisé depuis le 5 février 2007 par Wilson (ex TNT Freight Management). Pourriez-vous nous détailler la nouvelle organisation de Geodis et Wilson et les perspectives chiffrées que vous en attendez ?
L’acquisition de Wilson a été faite en même temps que le passage en organisation par divisions métiers, les deux sont liés.

 Depuis février dernier, notre objectif est véritablement la création d’un réseau où les agences de Geodis travaillent avec celles de Wilson. Nous sommes aidés  par le fait que les zones d’implantations sont différentes, excepté en Asie où il y a superposition (mais pas dans tous les pays). Geodis est ainsi très présent en Europe du Sud, tandis que Wilson est mieux implanté en Europe du Nord.

Il faut ajouter le fait que nous allons utiliser une même marque «Geodis Wilson», reconnaissable par le client. Enfin, nous avons décidé de faire fonctionner tout le monde sur le système d’informations de Wilson, ce qui sera terminé en 2008. Pour cela, nous avons créé une équipe de direction basée à Amsterdam, rassemblant des managers de Wilson et de Geodis.

En définitive, il s’agit d’un processus d’intégration complexe, mais qui se trouve facilité par le fait que l’on avait à l’origine deux réseaux distincts plutôt que superposés.

Quelles sont les synergies attendues ?
Nous pensons être en mesure de dégager quelques 35 millions d’euros de synergies en 2009 (15 à 20 millions d’euros en 2008). Nous avions donné un EBITDA pour Wilson de l’ordre de 35 à 40 millions d’euros, donc les synergies s’appliquent à l’ensemble du nouveau réseau (1,8 milliards d’euros de CA) et pas seulement à Wilson.

Envisagez-vous des acquisitions cette année ? Quelle enveloppe budgétaire accorderez-vous à la croissance externe ?
Il n’y a pas réellement de fourchette actuellement. Nous avons défini des objectifs stratégiques, en France, en Allemagne et en Europe de l’Est dans le métier de la messagerie, et en Allemagne dans celui du Freight Forwarding.

Mais il n’y a pas véritablement de montant. Il est certain que les réseaux mondiaux comme Wilson se font de plus en plus rares. En revanche, trouver des sociétés de taille plus modeste sur des périmètres géographiques réduits est beaucoup plus envisageable.

Le mot de la fin pour vos actionnaires.
Nous avons mis en œuvre sur le premier semestre 2007 tous les éléments qui doivent nous permettre d’atteindre nos objectifs en 2009 : une nouvelle organisation et l’intégration de Wilson, en prenant le parti de comptabiliser 14 millions d’euros de coût sur les 21 millions d’euros qui avait été annoncés en 2007.

Ce premier semestre affiche des résultats qui sont avant tout le reflet des coûts d’intégration et de tous les travaux qui sont entrepris pour atteindre nos objectifs de 2009.

Propos recueillis par Nicolas Sandanassamy