Ce vendredi matin, la Banque centrale du Japon faisait état de son intention d’acquérir des obligations sur le marché (obligations gouvernementales, obligations d’entreprises) pour près de 93 milliards d'euros supplémentaires.

A priori une telle décision aurait du conduire les opérateurs de marché à se réjouir.
Tel n’a pas été le cas car pour beaucoup l’action de la BoJ ne servira pas à grand-chose.

Tout d’abord, l’intervention envisagée par la BoJ est jugée trop faible.
En termes de quantité, en même temps que la BoJ a décidé de rajouter dans le marché 10 000 milliards de yen par la poursuite du programme de rachat, elle a entrepris de retirer de ce même marché 5 000 milliards de yens en réduisant sa capacité de prêt aux banques à un taux préférentiel de 0,1%. De ce fait, au final, le montant de liquidité injecté est estimé insuffisant.

Par ailleurs, la Banque a décidé d’allonger la maturité des titres acquis d’un an. En cela elle achètera des obligations à une échéance de trois ans, au lieu de deux. Cet allongement est jugé peu satisfaisant. Des analystes de BNP Paribas ont notamment souligné qu’une extension de la maturité à cinq ans, au minimum, aurait été nécessaire pour une intervention efficiente.

Au-delà de la faiblesse de l’intervention, une difficulté plus aigue est liée au fait que le système de crédit au Japon est cassé.
Aussi, le problème ne réside-t-il pas ainsi dans l’offre de yen mais dans son utilisation. Les banques japonaises sont réticentes à prêter. Les entreprises et les ménages ne sont pas enclins à emprunter. L’effet multiplicateur qui rend la politique d’assouplissement quantitatif de la BoJ efficace est quasi inexistant.

L’ingrédient manquant est la confiance. Les agents privés ne pensent pas que les dix prochaines années seront plus prospères que les dix dernières.

Cette confiance est d’autant plus mise à mal que l’aide apportée par les autorités politiques est pratiquement nulle.
L’équipe du premier ministre Yoshihiko Noda est surtout concentrée sur une hausse de la fiscalité pour remplir les caisses de l’Etat. La taxe à la consommation a été augmentée de 10% au cours des trois dernières années de manière à aider à rembourser la dette du pays qui s’élève à plus du double du PIB national.

Résultat des courses, le yen qui s’était initialement affaibli à 81,35 contre le dollar américain après l’annonce de la BoJ, a remonté à 80,84. De même, l’indice Nikkei a tout d’abord gagné 1% puis a terminé en baisse de 0,43%.

Pour la plupart des intervenants sur les marchés des devises, le yen devrait si ce n’est se renforcer davantage contre le dollar, au moins rester stable, mais il ne devrait pas baisser outre mesure si la Banque du Japon et si les autorités budgétaires n’agissent pas plus efficacement.