Les heures passent et l’espoir s’amenuise de voir se former en Grèce un nouveau gouvernement. Tout le pays était suspendu vendredi à la position du chef de la gauche radicale du Syriza, Alexis Tsipras, sommé par trois autres partis de donner son aval à la formation d'un « gouvernement d’union nationale ».

S'il se défaussait, le pays risquerait de retourner d'ici fin juin aux urnes, car même s'ils peuvent disposer avec les socialistes d'une majorité absolue au parlement, les conservateurs de la Nouvelle-Démocratie, et la gauche modérée de Dimar (Gauche démocratique) ont exigé son engagement.

Le pays « a besoin d'un gouvernement durable, avec la participation ou le soutien passif du Syriza » et seul un aval de cette formation « permettra un gouvernement oecuménique de salut national », a déclaré dans la matinée le dirigeant conservateur, Antonis Samaras.

Ce dernier a pourtant lui-même échoué à former un gouvernement dans la foulée des élections du 6 mai, remportées par son parti à une faible majorité. Syriza n’y est pas non plus parvenu, et c’est désormais au parti socialiste qu’il revient de tenter de trouver un accord.

Si les trois partis s’accordent sur la nécessité pour la Grèce de rester dans la zone euro, ils sont en revanche beaucoup plus divisés sur la politique à suivre. M. Tsipras exige l’abandon pur et simple de la politique d’austérité dictée par l’Union européenne et le FMI, tandis que les conservateurs et les socialistes plaident pour une « renégociation » du memorandum.

Les deux options ont été rejetées vendredi par l’Allemagne. « Nous devons être sincères (...) et dire à nos amis et partenaires grecs qu'il n'y a pas d'autre voie que la voie choisie ensemble » a déclaré le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble, qui a clairement évoqué la sortie de la Grèce de la zone euro.