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Le Brésil joue la carte du protectionnisme pour se protéger des chocs extérieurs

Le Brésil joue la carte du protectionnisme pour se protéger des chocs extérieurs

(Easybourse.com) Le Brésil n'est pas désarmé face aux menaces qui le guettent.

Interview de Charles-Henry Chenut

Interview

Charles-Henry Chenut

Avocat

Cabinet franco-brésilien Chenut Oliveira Santiago

Même si la croissance ralentit et que l’inflation pourrait inquiéter certains observateurs économiques, il n’en reste pas moins que l’ensemble du pays reste attractif en partie du fait des différents évènements sportifs qui doivent se tenir dans les années à venir et également en raison de l’essor considérable de la classe moyenne dans le pays. «Le pays continuera à recevoir des investissements directs étrangers, de manière très importante» assure Charles-Henry Chenut, avocat associé au sein du cabinet franco-brésilien Chenut Oliveira Santiago. Ce d’autant plus que les travaux en vue de la préparation des prochains grands rendez-vous sont en retard.

Par ailleurs, dans le cas où l’économie brésilienne ralentirait plus vite que prévu, le gouvernement brésilien a affiché sa détermination à prendre des décisions afin de maintenir une croissance économique suffisante. Il pourra pour cela compter sur une réserve de 350 milliards de dollars, aux dires du président de la Banque centrale brésilienne, Alexandre Tombini.

Les autorités brésiliennes n’ont, par ailleurs et surtout, pas tardé à jouer la carte du protectionnisme pour se protéger. «Le pays qui était très en retrait pendant la période de la dictature militaire, s’est ouvert au monde extérieur, et s’est rendu compte que ce monde pouvait déstabiliser son économie » avance Charles-Henry Chenut.


Sur le plan des investissements directs étrangers, la nouvelle présidente de la République, Dilma Rousseff, vient de durcir les mesures protectionnistes pour favoriser l’investissement sur place et réduire les importations.

«Dans de nombreuses réglementations concernant la coupe du monde et les jeux olympiques nous observons la multiplication de mesures protectionnistes et de préférence nationale» signale Charles-Henry Chenut.
Pour profiter de l’élan brésilien, il faut non pas investir depuis l’étranger, mais s’implanter au Brésil.

Cette tendance s’est vérifiée au mois d’août à travers les visas. «Auparavant l’investisseur qui voulait un visa permanent de gérant d’une filiale brésilienne devait investir environ 300 000 reais. Il lui faut à présent verser 600 000 reais».

Dans certains pans de l’économie brésilienne, les travailleurs étrangers dotés d’un visa temporaire sont refusés, traduisant la volonté du gouvernement de faire primer sa main d’œuvre locale.

Un plan baptisé Brasil maior a été adopté en août pour relancer la compétitivité industrielle dans le pays. Ce plan prévoit un volet de promotion de l’investissement et de l’innovation, un volet commerce extérieur, avec des facilités fiscales, et englobe des mesures protectionnistes de préférence nationale notamment dans le domaine des marchés publics.

Cette politique préventive en ce qui concerne les IDE rappelle celle concernant les transactions financières. Des taxes sur les investissements financiers ont été imposées de 2%, puis 6% sur les placements obligataires.
Début août un tour de vis supplémentaire a été annoncé. Les nouvelles taxes pourront atteindre jusqu'à 25% sur les produits dérivés.

En cela, les autorités brésiliennes veulent limiter au maximum la spéculation malsaine. «Le message véhiculé est "venez chez nous, mais ne venez pas spéculer. Apportez votre argent et participer à la consolidation et la structuration du pays"» conclut M Chenut.


Imen Hazgui

Publié le 06 Septembre 2011

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