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Interview de Maarten-Jan Bakkum : Stratégiste spécialisé sur les actions des marchés émergents au sein de ING Investment Management

Maarten-Jan Bakkum

Stratégiste spécialisé sur les actions des marchés émergents au sein de ING Investment Management

Selon nous, le marché actions brésilien est un des marchés émergents les plus risqués à l'heure actuelle

Publié le 09 Mai 2012

Quel regard portez-vous sur l’évolution du marché actions chinois ?
Le marché actions chinois continue de souffrir. Après que les peurs aient été centrées sur la montée de l’inflation en 2010 et début 2011, les craintes se sont focalisées sur les perspectives de croissance au cours de ces derniers trimestres.

Nous pensons que les attentes sur la croissance économique en Chine continuent à être trop importantes. En raisons de la mise à mal du secteur de l’immobilier, les investissements dans les infrastructures resteront faibles. En outre, la demande des exportations restera sous forte pression. Qui plus est les autorités veulent absolument poursuivre la réduction des déséquilibres inhérents à l’économie.
En conséquence, il y a peu de chance que la croissance accélère au cours des prochains mois.

Parallèlement, les inquiétudes sur le long terme concernant l’intervention de l’Etat dans la vie des entreprises et l’amoindrissement structurel de la marge de profit des agents privés chinois restent des facteurs négatifs pour le marché actions.

En final, notre mot d'ordre est la prudence. La principale raison pour laquelle nous ne sommes pas complètement négatifs, pour autant, est liée à la politique accommodante qui a débuté en octobre de l’année dernière.

Une série de règles ont été récemment adoptées en Chine afin de réduire les frais de transactions et d’autoriser les entreprises délivrant de faibles performances sur le marché ChiNext à se retirer de la cote. C’est la première fois qu’une telle règle est introduite sur le marché chinois. Par ailleurs, le régulateur des marchés financiers du pays a affiché son intention de mettre en œuvre une réforme sur les introductions en bourse. Que pensez-vous de l’ensemble de ces décisions ?
C’est une bonne chose que la réglementation relative aux introductions en bourse soit renforcée. Les pratiques sur la fixation des prix doit être améliorée afin d’éviter la spéculation et d’accroître la transparence. Grâce à un meilleur accès au marché des investisseurs institutionnels, les fortes variations du marché pourront également être atténuées.
Un meilleur fonctionnement du processus d’introduction en bourse permettra de rendre les entreprises moins dépendantes du financement des banques et aidera à rendre plus liquide le marché actions chinois en général.

Pour certains analystes, le stimulus induit par les réformes envisagées ne garantira pas une bonne dynamique du marché actions chinois à moyen et long terme. Ce seront davantage les bénéfices des sociétés cotées et les perspectives macroéconomiques qui influeront sur l’orientation du marché. Les investisseurs semblent inquiets sur ces deux derniers points à l’heure actuelle. Quelle est votre opinion ? D’aucuns s’attendent à ce que les autorités publiques prennent des mesures pour abaisser le taux des réserves obligatoires des banques en vue d’éviter un ralentissement plus prononcé ?
Effectivement, la principale source d’anxiété des investisseurs à l’égard des actions chinoises réside dans les perspectives de profits des entreprises et de croissance du PIB. Comme j’ai pu l’indiquer, les autorités ont déjà commencé à assouplir leur politique au cours derniers trimestres, en particulier elles ont facilité les conditions de crédit.
Nous pouvons nous attendre à une baisse du taux de réserve obligatoire dans les mois à venir. Cela aura vocation à aider la croissance du crédit mais ne devrait probablement pas changer sensiblement les perspectives de croissance du PIB.

Les autorités continuent à être attentives aux déséquilibres grandissants dans le système financier, singulièrement depuis le déploiement du plan de relance qui a fait suite à la déroute de Lehman Brothers. Elles veilleront donc à ne pas pousser la croissance du volume du crédit à un niveau plus élevé qu’il ne l’est actuellement.

A présent à quoi vous-attendez vous en ce qui concerne le marché actions indien ? Les investisseurs semblent inquiets de la tournure que prend la conjoncture économique dans le pays et des récentes réformes réglementaires qui ont été adoptées...
Le marché actions indien a été très chahuté au cours des dernières années, allant jusqu’à sous-performer les marchés émergents dans leur ensemble. L’année 2012 avait mieux débuté, mais récemment le marché a de nouveau corrigé. Le principal problème est d’ordre politique. L’absence d’un programme de réformes crédible rend l’économie et le marché vulnérables à des sorties de capitaux. L’Inde a un énorme déficit budgétaire qui représente plus de 8% du PIB et une balance courante en expansion. La roupie a été une des devises étrangères qui a été le plus affectées depuis le début de l’année.
Si l’aversion pour le risque devient plus importante, le marché indien devrait rester sous pression.
En même temps, cependant, la baisse du prix du pétrole constitue une très bonne nouvelle pour les déficits jumeaux du pays et pour la croissance économique. La roupie a été tellement attaquée que son cours est devenu attractif. De ce fait, nous pensons que le marché indien pourrait être en mesure de tirer bénéfice d’une reprise modeste de la croissance dans les trimestres à venir. La nature relativement fermée de l’économie fait du marché indien une proposition d’investissement attractive dans l’environnement mondial fragile que nous connaissons actuellement.

Seriez-vous aussi optimiste s'agissant du marché actions brésilien ? 
Le marché brésilien a été un des marches émergents qui a le moins bien performé ces derniers temps. Nous voyons trois raisons à cela. Tout d’abord, les craintes d’un atterrissage brutal de l’économie chinoise, qui aurait des implications sur le prix des matières premières et sur les principaux exportateurs de matières premières, comme le Brésil. En deuxième lieu, la détérioration de la croissance économique au Brésil, qui a surpris de nombreux économistes. En troisième lieu, la dégradation des politiques économiques menées au Brésil. Le gouvernement est en train de devenir plus interventionniste et s’attaque peu aux problèmes structurels du pays relatifs à une fiscalité trop élevée, à de trop faibles investissements dans les infrastructures et dans l’éducation.
Au même moment, il se concentre sur les crédits peu onéreux, subventionnés, pour amener la croissance de l’investissement à un niveau plus élevé.

La Banque centrale qui a perdu son indépendance au cours des dernières années, est en train de réduire le taux d’intérêt de manière plus importante que ce que justifierait le niveau d’inflation.
Avec les nouvelles règles des comptes épargne, le gouvernement a tracé la route vers d’autres réductions du taux d’intérêt. Il semble qu’il y a une volonté de réduire le taux SELIC (taux de base bancaire) à 8% dans les mois à venir. Cela tendra à accentuer le risque d’inflation et à mettre sous pression la devise du pays.

Selon nous, le marché actions brésilien est un des marchés émergents les plus risqués et est particulièrement vulnérable dans l’environnement actuel.

Un dernier mot sur les actions russes ? 

Les actions russes sont sensibles aux variations du prix du pétrole. La majeure partie des exportateurs russes sont spécialisés dans le pétrole ou dans le gaz et le budget du gouvernement russe est principalement construit sur la base d’hypothèses du prix du pétrole.
Il y a peu de pays dans le monde qui ont accru leurs dépenses publiques autant que la Russie ne l’a fait au cours de ces dernières années. A présent que le prix du pétrole suit une tendance baissière, le besoin pour une fiscalité plus élevée est devenu plus urgent. C’est l’un des risques majeurs qui pèse sur le marché actions russe, autrement dit des efforts continus du gouvernement pour générer des revenus fiscaux plus importants, particulièrement émanant des compagnies pétrolières et minières.
Ceci étant, si le prix du pétrole venait à poursuivre sa baisse (ce qui est très possible en raison de la faible croissance mondiale et du souhait exprimé par l’OPEP d’avoir un prix du baril à 100 dollars), le rouble pourrait bien s’affaiblir. Cela rend le marché actions russe particulièrement vulnérable à court terme. A plus long terme, la faible valorisation du marché reste une bonne raison de ne pas être totalement négatif sur ce marché.

Propos recueillis par Imen Hazgui

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