Un mariage entre Bouygues Telecom et Orange serait le scénario privilégié par l’Etat pour consolider le secteur français des télécom et soutenir le déploiement de la fibre optique sur l’ensemble du territoire, écrivent Les Echos ce mercredi. La filiale de téléphonie fixe et mobile du groupe Bouygues, qui a échoué à racheter SFR en début d’année, semble de plus en plus menacée de démantèlement.

D’après le journal, l’objectif du gouvernement est de passer de quatre à trois opérateurs téléphoniques et internet en France. La « clé de voûte » de ce plan serait un rachat de Bouygues Telecom par Orange. Ce dernier revendrait ensuite le réseau et une partie des fréquences de Bouygues Telecom à Free. « Le groupe de Xavier Niel pourrait aussi acheter Bouygues Telecom entièrement à la place d'Orange, mais il lui faudrait détruire des milliers d'emplois, et donc se mettre à dos les pouvoirs publics, pour conserver son agilité ». Le gouvernement préférerait que Free emploie son argent à investir dans son réseau de fibre optique.

Reste à convaincre Martin Bouygues qui, il y a peu, semblait encore espérer une autre issue pour sa filiale de téléphonie mobile et annonçait de nouvelles offres face à Free et consorts. Un élément pourrait le faire changer d’avis. Lundi, l'agence de notation Standard and Poor's a diminué d'un cran la note de solvabilité à long terme de son groupe, en raison de la « rude concurrence » que doit affronter Bouygues Telecom. Et l’agence de rappeler que « la modernisation des réseaux de téléphonie fixe et mobile va continuer d'exiger en 2014-2015 de lourds investissements qui, associés à notre prévision d'un recul de l'EBITDA de Bouygues Telecom en 2014, pourrait conduire à une réduction du cash flow disponible et à une détérioration de la qualité de crédit de Bouygues en 2014 ».

Il est peut-être temps pour Bouygues de mettre fin à son aventure dans les télécom. Enfin pas tout à fait. Toujours d’après Les Echos, le groupe pourrait, dans le cadre d'une cession de sa filiale, se renforcer au capital l’ex France Telecom. La vente parallèle de sa participation dans Alstom pourrait lui en donner les moyens. En attendant ces grandes manoeuvres, le titre chute lourdement ce mercredi, effaçant 4,4% sur un marché en baisse de 0,6%.