La hache de guerre est déterrée entre l’Etat et les sociétés d’autoroute. Le gouvernement a décidé mardi de « surseoir » à la hausse de 0,57% des tarifs des péages autoroutiers prévue le 1er février. En lieu et place de l’augmentation mécanique habituelle des tarifs, les automobilistes français bénéficieront donc d’un gel des prix, et ce, « dans l’attente de l’aboutissement des travaux» du groupe de travail parlementaire sur l’avenir des concessions autoroutières.

Deux rapports publiés l’année dernière ont motivé la création de ce groupe de travail. L’un, de l’Autorité de la concurrence, dénonçait les « surprofits » des sociétés d’autoroutes, l’autre de la Cour des comptes le caractère « déséquilibré » des contrats de concession. Après avoir menacé de dénoncer les concessions autoroutières au 31 décembre 2014, le gouvernement s’était ravisé et avait entamé des discussions avec les sociétés concernées (les groupes français Vinci et Eiffage ainsi que l’espagnol Abertis, propriétaire de Sanef et SAPN).

Ces dernières ne cachent pas leur stupéfaction mardi. « Elles ont appris par la presse, au mépris des règles de communication financière imposées par l'AMF, la décision de geler l’augmentation contractuelle des tarifs prévue le 1er février prochain, destinée à compenser des investissements qu’elles engagent à la demande de l’État, ainsi que des taxes perçues sur les usagers », souligne l‘Association des sociétés françaises d’autoroutes (ASFA). Elles annoncent leur intention d’entamer sans attendre une procédure contentieuse « pour préserver leurs droits ».

Même si l’issue de cette procédure judiciaire pourrait s’avérer défavorable à l’Etat, la réaction des investisseurs ce mardi est sans appel: vers 16h40, l’action Eiffage dévisse de 6,5% tandis que Vinci chute de 4,1%.