Comme annoncé hier par Le Figaro, Saint-Gobain a indiqué lundi être en négociations exclusives avec le fonds d’investissement américain Apollo à qui il entend céder sa filiale Verallia pour 2,945 millliards d’euros. Apollo vendrait ensuite à Bpifrance une participation minoritaire dans le numéro deux mondial des emballages en verre. Sous réserve d’obtenir les feu verts réglementaires, l’opération devrait être finalisée « avant la fin de l’année », précise Saint-Gobain.

Saint-Gobain avait déjà cédé il y a un an la branche nord-américaine de Verallia à l'Irlandais Ardagh pour 1,275 milliard d'euros. Suite à la mise en vente du reste de l’activité en décembre, il a reçu plusieurs offres dont celles du groupe portugais BA Vidro et de trois fonds d'investissements (Blackstone, Ardian-Bains Capital et CVC Capital Partners), selon Le Monde. « Le choix de Saint-Gobain s’est porté sur Apollo en raison de la qualité de son offre, de son adhésion au projet industriel et de son soutien aux salariés de Verallia », indique le groupe sans donner de détails. Une source proche du dossier avait indiqué jeudi à l'AFP qu' « une présence de Bpifrance au capital serait de nature à rassurer les salariés » de Verallia face à la prise de contrôle du groupe par un fonds d’investissement qui se définit lui-même comme « alternatif ».

Avec 47 usines dans le monde et 10 000 salariés Verallia est l'un des principaux fabricants de pots et bouteilles en verre. L'entreprise a réalisé en 2014 un chiffre d'affaires de 2,4 milliards d’euros et un résultat d’exploitation de 230 millions d’euros (hors Verallia North America).

« La cession de Verallia achèverait le recentrage stratégique de Saint-Gobain sur la conception, la production et la distribution de solutions innovantes et de haute performance pour l’habitat et l’industrie, où le groupe poursuit son développement », commente Pierre-André de Chalendar, le PDG de Saint-Gobain, dans un communiqué. Elle donnerait surtout au groupe des moyens financiers supplémentaires dans le cadre de son offensive sur le suisse Sika dont il souhaite prendre le contrôle pour 2,3 milliards d’euros. Le rejet de l’offre de Saint-Gobain par le conseil d’administration de Sika, alors que la famille fondatrice a accepté l’offre du français portant sur 16% du capital et 52% des droits de vote, est actuellement examiné par la justice suisse. Quelle que soit sa décision la bataille avec les actionnaires du chimiste helvétique, qui pèse 8 milliards d’euros en bourse, s’annonce longue. Saint-Gobain devra sûrement mettre la main à la poche s’il veut l’emporter.